Origine et histoire
Le Vieux Pont, dit Pont du Diable, enjambe l'Ance en contrebas du bourg médiéval de Chalencon, dans la Haute-Loire (région Auvergne), à la limite des communes de Saint-André-de-Chalencon et de Tiranges. On y accède depuis la route sinueuse qui relie Tiranges à Retournac, puis par un chemin bordé d'une source. Classé au titre des monuments historiques le 24 décembre 1913, il est généralement présenté comme un pont en arc d'époque romane, qui paraît n'avoir subi aucun remaniement important. Les attributions chronologiques varient toutefois selon les sources : certains le situent au Xe siècle, d'autres estiment qu'il ne serait pas antérieur au XVe siècle. Le pont franchit l'Ance par deux arches en plein cintre, appuyées sur une pile centrale munie d'avant- et arrière-becs qui remontent jusqu'à la moitié de la hauteur des arcs. Les ouvertures des arches sont indiquées, dans la description, à 22,80 m et 11,80 m, la pile ayant une épaisseur de 2,25 m. Les arches, la pile et les culées sont en pierre de taille ; les parements sont réalisés en moellons appareillés sommairement. Le tablier, en dos d'âne très prononcé, présente une largeur d'environ 2,75–2,80 m ; la voie utile, encore pavée de larges dalles, mesure environ deux mètres et le parapet, d'environ un demi-mètre, porte son point le plus haut à 14,05 m au‑dessus de l'Ance. Il est possible de passer sous les arches ou de rejoindre les berges verdoyantes pour un pique-nique, mais le débit de la rivière peut devenir très puissant après de fortes averses ou des lâchers de barrage. Le pont permettait autrefois de desservir le château de Chalencon, accessible depuis le bourg par cette traversée. La légende raconte qu'un seigneur fit un pacte avec le Diable pour protéger l'ouvrage des crues ; le chien du seigneur passa le pont le premier et sauva ainsi son maître, tandis que le Diable, furieux, jeta une énorme pierre au pied du pont, que l'on dit encore visible aujourd'hui. Pour approfondir, le pont figure dans les bases Mérimée et Structurae et est mentionné dans la bibliographie, notamment chez Marcel Prade.