Vigne de la Ferme Pédebernade à Sarragachies dans le Gers
Patrimoine classéPatrimoine ruralVignoble classé
Vigne de la Ferme Pédebernade à Sarragachies
Village
32400 Sarragachies
Crédit photo : Marianne Casamance - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
Frise chronologique
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
XIXe siècle
Plantation initiale
Plantation initiale XIXe siècle (≈ 1865)
La vigne a probablement été plantée sous le règne de Napoléon III.
1956
Survie à la gelée
Survie à la gelée 1956 (≈ 1956)
Les souches ont survécu à la grande gelée de 1956.
2012
Inscription historique
Inscription historique 2012 (≈ 2012)
La vigne a été inscrite au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le sol de la parcelle (cad. E 615, lieudit A Marcadet) : inscription par arrêté du 15 juin 2012
Personnages clés
Napoléon III
Empereur sous le règne duquel la vigne a probablement été plantée.
Famille Pédebernade
Propriétaire et gardien de la vigne depuis des générations.
Origine et histoire de la Vigne
La parcelle de vigne de Sarragachies, dite « vigne de la Ferme Pédebernade », se situe sur la commune de Sarragachies (Gers), au flanc du coteau de Ninan, face aux Pyrénées et en surplomb de la vallée de l'Adour. Plantée probablement sous le règne de Napoléon III, elle appartient au vignoble de Plaimont Producteurs et ses souches comptent parmi les plus anciennes de France. Sur 2 000 m², la parcelle rassemble 600 pieds répartis en douze rangs et abrite une vingtaine de cépages différents, dont sept restent inconnus aujourd'hui ; parmi les variétés identifiées figurent tannat, morrastel, fer Servadou, miousap (dénomination gasconne de l'humagne blanche) et camaraou noir, tandis que les cépages inconnus ont été baptisés « Pédebernade 1 », « Pédebernade 2 », « Pédebernade 3 », etc. Les souches, non greffées et endémiques du piémont pyrénéen, atteignent parfois 150 à 200 ans et sont donc antérieures à la crise du phylloxéra. La nature très sablonneuse du coteau — les sables fauves, dépôts marins du Miocène moyen dans le bassin aquitain — a favorisé un enracinement profond et une alimentation hydrique et minérale régulière, ce qui explique que ces plants aient survécu aux aléas climatiques comme la grande gelée de 1956 et à divers ravageurs. Aujourd'hui, ces souches semblent par ailleurs épargnées par l'esca, un champignon qui affecte de nombreuses vignes modernes. La parcelle constitue aussi un conservatoire vivant des méthodes culturales anciennes : on y observe la plantation en pieds doubles disposés en carré, le mélange des ceps entre eux et le positionnement des plants lié au travail des attelages de bœufs, pratiques désormais disparues ailleurs. Intégrée à l'appellation Saint-Mont (AOC), elle ne produit pas de cuvée propre en raison de l'hétérogénéité des cépages. Entretenue depuis des générations par la famille Pédebernade avec le concours de Plaimont Producteurs, la vigne représente un témoignage social et culturel et recèle des ressources génétiques uniques pour le piémont pyrénéen. Inscrite au titre des monuments historiques en 2012, elle est la première vigne protégée à ce titre en France.