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Villa « Maïtena » à Maubourguet dans les Hautes-Pyrénées

Villa « Maïtena »

    286 Rue des Pyrénées
    65700 Maubourguet
Propriété privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1934
Projet initial
3 novembre 1934
Devis des travaux
16 janvier 1935
Achat du terrain
21 février 1935
Pose de la première pierre
1935
Achèvement de la villa
19 juin 2023
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La villa « Maïtena », en totalité, ainsi que les parcelles n° 418, 419 et 422 figurant au cadastre section AM correspondant au parc, y compris les aménagements (canaux, bordures, puits), le portail et le mur de clôture – tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 19 juin 2023

Personnages clés

Louis Fabre - Commanditaire et industriel Propriétaire de la fonderie Fabre à Maubourguet.
Jean Gassan - Architecte Concepteur de la villa en style néo-basque.
Jean Martin - Architecte (projet non retenu) Associé initialement au projet d'agrandissement.

Origine et histoire

La villa « Maïtena » a été édifiée en 1935 à Maubourguet, dans les Hautes-Pyrénées, pour l'industriel Louis Fabre, propriétaire d'une fonderie locale. Conçue par l'architecte tarbais Jean Gassan, elle remplace un projet initial d'agrandissement d'un chalet. Le style néo-basque, marqué par des faux pans-de-bois verts, des balcons en tuiles canal et des corbeaux sculptés, domine les façades sud et est, tandis que l'intérieur mêle Art Déco et régionalisme, comme en témoignent la rampe d'escalier en gradins ou les cheminées en marbre et granit.

Le parc de 6250 m2, aujourd'hui morcelé, abritait à l'origine une entrée principale matérialisée par une pergola en béton sur la rue des Pyrénées. La villa, d'environ 250 m2, se distingue par son asymétrie, ses décrochements (loggias, avant-corps) et ses détails pittoresques, comme la date « 1935 » et le nom « Maïtena » (« la bien-aimée » en basque) gravés sous un corbeau. L'intérieur, organisé autour d'un hall central, conserve des éléments d'origine : mosaïques au sol, luminaires, carrelages, et une salle à manger ornée de poutres en staff et d'une cheminée en granit gravée d'une inscription en basque.

Louis Fabre, commanditaire de la villa, était un industriel lié à la fonderie Fabre, située à proximité. Le choix du style néo-basque pourrait s'expliquer par sa résidence secondaire sur la Côte basque, bien que le projet final s'inscrive dans la continuité des réalisations de Jean Gassan à Tarbes, comme les villas du lotissement de l'Ormeau. Les plans initiaux, datés de 1934, montrent une évolution vers un régionalisme plus marqué, avec l'ajout de balcons, de corbeaux et de génoises. La première pierre fut posée le 21 février 1935, après l'achat du terrain le 16 janvier de la même année.

La villa, classée Monument Historique en 2023, inclut dans sa protection le parc (avec ses aménagements d'origine comme les canaux et le puits), le portail et le mur de clôture. Parmi les pièces remarquables, le bureau conserve une cheminée en marbre griotte et sarrancolin, tandis que la buanderie et les garages ont gardé leurs équipements d'époque (lavoir, trappe de vidange). Les actuels propriétaires ont racheté une partie du mobilier néo-basque conçu pour la salle à manger, dont les dessins sont archivés.

L'architecture de la villa reflète une fusion entre l'Art Déco — visible dans la symétrie des ouvertures, la rampe d'escalier ou les mosaïques au sol — et le régionalisme basque, illustré par les claustras en tuiles canal, les portes navarraises et les inscriptions en euskara. Ce dualisme stylistique s'étend aux détails décoratifs, comme les sonnettes et grilles en fonte provenant de la fonderie Fabre, ou les chenets de cheminée d'inspiration bigourdane. La villa, aujourd'hui accessible par la rue Jacques Bounneau, reste un témoignage des échanges culturels et artistiques des années 1930 dans le sud-ouest de la France.

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