Frise chronologique
1929
Commande de la villa
Commande de la villa
1929 (≈ 1929)
Paul Cavrois confie le projet à Mallet-Stevens.
5 juillet 1932
Inauguration
Inauguration
5 juillet 1932 (≈ 1932)
Lors du mariage de Geneviève Cavrois.
1947
Transformations post-guerre
Transformations post-guerre
1947 (≈ 1947)
Création de deux appartements par Pierre Barbe.
12 décembre 1990
Classement monument historique
Classement monument historique
12 décembre 1990 (≈ 1990)
Sauvegarde officielle de la villa.
2001
Rachat par l'État
Rachat par l'État
2001 (≈ 2001)
Début des restaurations majeures.
13 juin 2015
Ouverture au public
Ouverture au public
13 juin 2015 (≈ 2015)
Après 14 ans de travaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Totalité (pour remise en état) : villa, ainsi que son environnement immédiat (terrasses, piscine) ; maison du gardien ; dégagements circulaires pour l'accès en automobile ; emplacement de l'ancien miroir d'eau (actuellement comblé) et des allées l'encadrant (cad. BC 1, 179 à 181) : classement par décret du 12 décembre 1990 - Le classement par décret du 12 décembre 1990 doit s'entendre comme portant sur la totalité des parcelles BC 345, 347, 349, 354 et 355, avec tous les aménagements et constructions qu'elles comportent : classement par arrêté du 2 août 2013
Personnages clés
| Paul Cavrois - Commanditaire et industriel |
Propriétaire textile ayant initié le projet. |
| Robert Mallet-Stevens - Architecte moderniste |
Concepteur de la villa et de son mobilier. |
| Pierre Barbe - Architecte post-guerre |
A modifié l’intérieur en 1947. |
| André Salomon - Ingénieur éclairagiste |
Collaborateur pour l’éclairage innovant. |
| Jean Prouvé - Maître d'œuvre |
A réalisé des cache-radiateurs en aluminium. |
| Lucie Cavrois - Dernière occupante familiale |
Décédée en 1985, marquant l’abandon. |
Origine et histoire
La villa Cavrois, située à Croix dans le département du Nord, est commandée en 1929 par l’industriel textile Paul Cavrois à l’architecte Robert Mallet-Stevens, figure majeure du mouvement moderne. Inaugurée en 1932 lors du mariage de Geneviève Cavrois, elle rompt avec les styles régionaux de l’époque par son design avant-gardiste, alliant béton armé, verre et marbres précieux. Conçue comme une « œuvre d’art totale », elle intègre architecture, mobilier sur mesure et aménagements paysagers, reflétant un idéal de vie moderne axé sur lumière, hygiène et confort.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la villa est occupée par l’armée allemande, puis transformée en 1947 par l’architecte Pierre Barbe pour créer deux appartements familiaux. Après le décès de Lucie Cavrois en 1985, le mobilier est dispersé et le bâtiment, vendu à une société immobilière en 1987, tombe en ruine. Menacée de destruction, elle est classée monument historique en 1990 grâce à une mobilisation associative. L’État l’acquiert en 2001 et entreprend une restauration complète, confiant sa gestion au Centre des monuments nationaux.
La villa, ouverte au public depuis 2015, se distingue par ses équipements révolutionnaires pour l’époque : éclairage indirect, système de sonorisation intégré, piscine de 27 mètres, et mobilier conçu par Mallet-Stevens. Son plan symétrique, inspiré des châteaux français, organise rationnellement les espaces familiaux et domestiques. Les matériaux nobles (marbres de Suède ou de Sienne, bois exotiques) et les innovations techniques (chauffage central, téléphone dans chaque pièce) en font un témoignage unique de l’architecture moderniste dans le nord de la France.
Aujourd’hui, la villa Cavrois accueille des expositions contemporaines et des tournages, tout en préservant son décor d’origine. Les restaurations ont permis de reconstituer une partie du mobilier dispersé, offrant aux visiteurs une immersion dans l’art de vivre des années 1930. Son parc de 5 hectares, partiellement restauré, complète cette œuvre majeure du patrimoine du XXe siècle, classée au titre des monuments historiques depuis 1990.
Le site est également un lieu culturel dynamique, hébergeant des installations d’artistes comme Fabrice Hyber (2024) ou des commémorations, telle l’exposition 1925, En héritage prévue en 2025 pour le centenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs. La villa illustre ainsi la pérennité des idées modernistes, entre préservation patrimoniale et création contemporaine.