Commande de la villa 1922 (≈ 1922)
Charles et Marie-Laure de Noailles passent commande à Mallet-Stevens.
1923–1925
Construction du noyau initial
Construction du noyau initial 1923–1925 (≈ 1924)
Réalisation des premiers cubes et aménagement des jardins.
1925
Emménagement des Noailles
Emménagement des Noailles 1925 (≈ 1925)
La famille s’installe dans une villa de 800 m².
1926–1933
Extensions majeures
Extensions majeures 1926–1933 (≈ 1930)
Ajout de la piscine, du gymnase et des ailes de chambres.
1973
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville 1973 (≈ 1973)
Hyères devient propriétaire après la mort de Marie-Laure.
2025
Crise de gestion
Crise de gestion 2025 (≈ 2025)
Suspension du directeur pour déficit et malversations.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Restes de l'enceinte de l'ancien château : inscription par arrêté du 29 octobre 1975 - Villa et ses jardins (cad. B 801, 802, 804, 805, 825) : inscription par arrêté du 9 décembre 1987
Personnages clés
Robert Mallet-Stevens - Architecte
Concepteur de la villa, pionnier du modernisme.
Charles de Noailles - Commanditaire et mécène
Vicomte passionné d’art moderne, financeur du projet.
Marie-Laure de Noailles - Mécène et muse
Organisatrice des réceptions artistiques et bals.
Gabriel Guevrekian - Architecte-paysagiste
Créateur du jardin cubiste et de la piscine.
Jean-Pierre Blanc - Directeur (2003–2025)
Suspendu pour gestion controversée du centre d’art.
Ludwig Mies van der Rohe - Architecte sollicité
Refuse la commande avant Mallet-Stevens.
Origine et histoire
La villa Noailles est édifiée entre 1923 et 1933 à Hyères, dans le Var, sur un terrain de 1,5 hectare offert à Charles de Noailles pour son mariage. Commandée par ce mécène et sa femme Marie-Laure, elle incarne leur vision moderniste : une maison « infiniment pratique et simple », baignée de lumière, où chaque détail répond à des besoins fonctionnels. Robert Mallet-Stevens, choisi après les refus de Mies van der Rohe et les désaccords avec Le Corbusier, conçoit un ensemble de cubes aux lignes épurées, percés de larges baies vitrées, rejetant tout ornement superflu au profit de terrasses, toits plats et jeux de lumière.
Le projet initial, modeste (« une petite maison dans le Midi »), évolue vers un complexe de 2 000 m2 et 60 pièces, incluant une piscine intérieure couverte (première en France), un squash, un gymnase et des jardins méditerranéens et cubistes. La villa devient un laboratoire architectural et artistique : Mallet-Stevens collabore avec des pionniers comme Eileen Gray, Pierre Chareau ou Theo van Doesburg pour créer un mobilier intégré (fauteuils en tube chromé, lits suspendus, placards muraux) et des décors audacieux, tandis que des artistes tels que Giacometti, Lipchitz ou Mondrian y exposent leurs œuvres. Les jardins, dont un triangulaire signé Gabriel Guevrekian, dialoguent avec des sculptures comme La Joie de vivre de Lipchitz.
Lieu de rencontre de l’avant-garde (Picasso, Dalí, Buñuel, Cocteau), la villa accueille des tournages, comme Les Mystères du château du Dé de Man Ray (1929), et des bals légendaires. Charles de Noailles y finance L’Âge d’Or de Buñuel, écrit dans une chambre d’amis. Après la mort de Marie-Laure en 1970, la ville d’Hyères acquiert le domaine en 1973. Classée Monument Historique en 1975 et 1987, elle est restaurée à partir de 1991 pour devenir un centre d’art contemporain en 1996, mêlant expositions, résidences d’artistes et festivals (mode, design, photographie).
La gestion récente de la villa Noailles a cependant été émaillée de controverses. Un audit de l’IGAC en 2024 révèle un déficit cumulé de 4 millions d’euros, lié à des dépenses somptuaires (réceptions, déplacements). En mai 2025, le ministère de la Culture suspend son directeur, Jean-Pierre Blanc, et des mécènes comme Chanel retirent leur soutien, exigeant une refonte de la gouvernance. Malgré ces turbulences, la villa reste un symbole du mécénat et de l’innovation architecturale des années 1920–1930.
L’architecture de la villa illustre les principes du mouvement rationaliste : fonctionnalité (chauffage central, téléphones dans chaque chambre), économie décorative, et intégration de l’art dans le quotidien. Les matériaux traditionnels (maçonnerie enduite) imitent le béton armé, tandis que des innovations comme les vitres coulissantes escamotables ou les stores en châtaignier peint témoignent d’un luxe discret. Les espaces de service, conçus pour une vingtaine de domestiques, reflètent l’organisation sociale de l’époque. Aujourd’hui, la villa Noailles est le seul centre d’art en France à articuler sa programmation autour de l’architecture, du design et de la mode, perpétuant son héritage avant-gardiste.
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