Villa du Molard à Donzère dans la Drôme

Patrimoine classé Patrimoine de vilégiature Villa

Villa du Molard à Donzère

  • Mourouse
  • 26290 Donzère
Villa du Molard à Donzère
Villa du Molard à Donzère
Propriété privée

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
1900
2000
50-80
Période d'exploitation
Ier siècle
Construction des bâtiments
Fin du IIe siècle
Modifications majeures
16 février 1994
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Parcelle Z 218 renfermant le fouloir et les pressoirs du site vinicole : classement par arrêté du 16 février 1994

Origine et histoire de la Villa du Molard

Le site vinicole gallo‑romain dit Le Mollard, mis au jour au sud de Donzère (Drôme), est la plus importante unité viti‑vinicole connue de l'Antiquité romaine. Située à 15 kilomètres d'Augusta Tricastinorum (aujourd'hui Saint‑Paul‑Trois‑Châteaux), la villa présente des vestiges dont les plus anciens datent de la période augustéenne. Durant le Ier siècle, des bâtiments fonctionnels furent édifiés sur une surface de 10 000 m2, et la villa connut de profondes modifications à la fin du IIe siècle. L'ensemble, qui s'étendait sur deux hectares, comprenait un vaste entrepôt de vin de 70 × 15 m, organisé en deux travées et abritant 204 dolia disposés en six alignements, chacun d'une contenance de 1,2 hectolitre. Des fouloirs de 18,5 m2 occupaient les extrémités de l'entrepôt et deux pressoirs y étaient adjoints. L'exploitation, datée entre 50 et 80 de notre ère, produisait 2 500 hectolitres de vin par an. Avec un rendement des vignes romaines estimé à 12 hl/ha, cette production implique l'existence d'environ 300 hectares de vignoble et, selon l'estimation citée, le travail d'environ 150 esclaves. Les chercheurs notent que la proximité du Rhône permet d'interpréter Le Mollard comme un centre de production tourné vers l'exportation, contemporain de la phase de multiplication des ateliers d'amphores gauloises en Narbonnaise au Ier siècle. Une partie ou la totalité de la production pouvait aussi être expédiée par le fleuve en tonneaux, comme l'illustre la stèle de Saint‑Pierre‑ès‑Liens de Colonzelle, qui représente le levage de quatre tonneaux et leur embarquement sur un navire marchand. La parcelle contenant le fouloir et les pressoirs fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 16 février 1994.

Liens externes