Frise chronologique
1861
Premier projet de villa
Premier projet de villa
1861 (≈ 1861)
Plan rectangulaire rejeté pour M. Bonnemaison.
1862
Nouveau plan du 'castelet'
Nouveau plan du 'castelet'
1862 (≈ 1862)
Distribution inversée avec accès sud.
1863
Achèvement de la construction
Achèvement de la construction
1863 (≈ 1863)
Villa terminée pour Amédée Bonnemaison.
1864
Date officielle de construction
Date officielle de construction
1864 (≈ 1864)
Villa édifiée d’après les plans définitifs.
24 juillet 2003
Protection au titre des Monuments Historiques
Protection au titre des Monuments Historiques
24 juillet 2003 (≈ 2003)
Façades, toitures et dépendances inscrites.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures de la villa, avec le mur de clôture du jardin et ses trois portails ; les façades et toitures des deux bâtiments de dépendances (cad. AK 190) : inscription par arrêté du 24 juillet 2003
Personnages clés
| Edmond Chambert - Architecte |
Auteur des plans initiaux et définitifs. |
| Amédée Bonnemaison - Commanditaire |
Propriétaire initial de la villa. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte et théoricien |
A cité la villa dans *Habitations modernes*. |
| Félix Narjoux - Collaborateur de Viollet-le-Duc |
Co-auteur du recueil mentionnant la villa. |
Origine et histoire
La villa Édouard, située à Bagnères-de-Luchon, est un exemple emblématique de l’architecture néogothique appliquée aux résidences thermales du XIXe siècle. Construite en 1864 selon les plans de l’architecte Edmond Chambert pour Amédée Bonnemaison, elle se distingue par sa façade ornée de tourelles en encorbellement, de baies à meneaux, et de motifs en brique évoquant des modillons. Son emplacement stratégique, à l’extrémité sud des villas bordant les boulevards Rostand et de Gorsse, ainsi qu’à proximité de l’allée des Bains et du casino, en fait un élément clé du paysage thermal luchonnais.
Le projet initial, présenté en 1861 sous forme d’une villa rectangulaire à perrons nord et sud, fut rejeté au profit d’un « castelet » plus ambitieux en 1862. La distribution intérieure fut inversée : l’accès principal fut déplacé sur la façade sud, desservant un vestibule central menant au salon et à la salle à manger, tandis que l’escalier fut recentré à l’arrière. Le sous-sol, initialement dédié aux pièces de service, fut simplifié pour ne conserver qu’une cave, reflétant une optimisation des espaces pour la location aux curistes. La villa fut achevée en 1863 et publiée dans le recueil Habitations modernes de Viollet-le-Duc, qui soulignait son caractère locatif destiné aux « étrangers ».
La villa Édouard incarne le modèle du pavillon de villégiature, conçu pour allier confort bourgeois et esthétique pittoresque. Ses façades en maçonnerie enduite sur soubassement de granite, ses toits d’ardoise interrompus par des lucarnes, et ses balcons superposés en font une synthèse des influences médiévales revisitées. Les éléments protégés depuis 2003 (façades, toitures, mur de clôture et dépendances) témoignent de son importance patrimoniale. Son plan, publié et commenté, révèle une organisation spatiale typique des résidences thermales, où les chambres des domestiques côtoient celles des maîtres sous les combles, illustrant la hiérarchie sociale de l’époque.
L’architecte Edmond Chambert, auteur des plans, y a intégré des détails stylistiques évocateurs du Moyen Âge, comme les linteaux en accolade ou les quadrilobes des impostes, tout en répondant aux exigences fonctionnelles d’une location saisonnière. La mention dans l’ouvrage de Viollet-le-Duc et Narjoux confirme son rôle de vitrine architecturale pour les stations thermales en plein essor. Aujourd’hui, la villa reste un témoignage précieux de l’âge d’or du thermalisme pyrénéen, où l’aristocratie et la bourgeoisie venues « prendre les eaux » exigeaient des résidences à la fois pratiques et prestigieuses.