Origine et histoire de la Villa Ephrussi de Rothschild
La villa Ephrussi de Rothschild, aussi appelée villa Île-de-France, est un palais de style Renaissance construit entre 1905 et 1912 sur la presqu'île de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Commandée par la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild, elle s’inspire des grandes demeures italiennes et reflète son goût pour l’art du XVIIIe siècle. La villa, entourée de sept hectares de jardins, est conçue comme un paquebot, avec des espaces organisés autour d’un patio central.
Béatrice Ephrussi de Rothschild, héritière de la famille Rothschild et passionnée d’art, supervise chaque détail de la construction. Elle impose sa couleur fétiche, le rose, et fait aménager des salons somptueux, ornés de boiseries, de tapisseries et de mobilier royal. Les jardins, conçus par Achille Duchêne et Harold Peto, mêlent styles français, japonais, espagnol et exotique, reflétant ses voyages et son éclectisme.
À sa mort en 1934, la baronne lègue la villa et ses collections à l’Académie des Beaux-Arts pour en faire un musée. Ouverte au public en 1938, la villa devient un lieu culturel majeur, géré successivement par l’Institut de France, Culturespaces, puis à nouveau par l’Académie des Beaux-Arts en 2023. Classée monument historique en 1996, elle attire aujourd’hui 130 000 visiteurs annuels.
Les intérieurs abritent des œuvres d’art médiévales et Renaissance, des porcelaines de Sèvres, et des meubles ayant appartenu à des figures historiques comme Marie-Antoinette. Les jardins, labellisés « Jardin remarquable », accueillent des événements comme la Fête des Roses et des soirées culturelles en été. La villa a aussi servi de décor à plusieurs films, renforçant son statut d’icône de la Côte d'Azur.
La construction de la villa mobilise plusieurs architectes, dont Jacques-Marcel Auburtin et Aaron Messiah, ce dernier étant le maître d’œuvre final. Béatrice Ephrussi s’inspire d’un voyage en paquebot, l’Île-de-France, pour nommer la villa et organiser ses espaces comme un navire. Les jardins, initialement au nombre de quatre, s’enrichissent après sa mort de nouveaux thèmes, comme le jardin florentin ou provençal.
La villa illustre le mode de vie fastueux de l’aristocratie européenne au début du XXe siècle, mêlant art, nature et voyages. Son legs à l’Académie des Beaux-Arts en fait un musée unique, préservant l’esprit d’un salon privé tout en ouvrant ses portes au public. Aujourd’hui, elle reste un symbole du patrimoine azuréen, alliant architecture, histoire et botanique.