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Villa gallo-romaine de Barat de Vin à Sorde-l'Abbaye dans les Landes

Villa gallo-romaine de Barat de Vin

    1488 Route de Salies
    40300 Sorde-l'Abbaye
Propriété de l'Etat
Crédit photo : IGN - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
2000
1957-1959
Sondages archéologiques
1964-1966
Fouilles par Jean Lauffray
1967
Restauration du frigidarium
26 octobre 1973
Classement du site
9 septembre 1997
Inscription aux Monuments historiques
2000s
Acquisition par le Département
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Site de la villa gallo-romaine (cad. ZI 3) : inscription par arrêté du 9 septembre 1997

Personnages clés

Jean Lauffray - Archéologue Dirigea les fouilles (1964-1966).
Claude Bassier (SCORA) - Restaurateur de mosaïques Intervint sur le frigidarium (1967).

Origine et histoire

La villa gallo-romaine de Barat-de-Vin est un site archéologique daté des IIIe et IVe siècles, situé à Sorde-l'Abbaye dans les Landes (Nouvelle-Aquitaine). Classé comme villa antique ou possible relais routier, il se trouve près de l’ancienne voie romaine reliant Bordeaux (Burdigala) à Astorga (Espagne), désignée comme Iter XXXIV dans l’Itinéraire d’Antonin. Le site, isolé à plus d’1 km du bourg actuel, est bordé au sud par le ruisseau de la Caoutere et à l’est par la voie antique. Une seconde villa gallo-romaine, dite « des Abbés », existe sous l’abbaye bénédictine du village.

Les vestiges, découverts au XIXe siècle et redécouverts dans les années 1950, ont fait l’objet de sondages (1957-1959) puis de fouilles systématiques menées par Jean Lauffray entre 1964 et 1966. Le site, initialement propriété privée, est passé sous tutelle de l’État en 1970 avant d’être acquis par le Département des Landes dans les années 2000. Classé en 1973 et inscrit aux Monuments historiques en 1997, il conserve aujourd’hui 75 % de son potentiel archéologique, bien que non accessible au public et en dégradation depuis les fouilles des années 1960.

Le site comprend deux bâtiments gallo-romains en appareil mixte (moellons et galets). Le bâtiment sud, entièrement dégagé, présente une galerie ouverte (murs de 5 m, portes cintrées) reliant un balneum (thermes) à une cour-jardin et une terrasse surplombant le ruisseau. Les thermes, datés du IIIe siècle et remaniés au IVe, incluent sept pièces (frigidarium, piscine froide) ornées de mosaïques de l’École d’Aquitaine, aux motifs géométriques et végétaux. Le pavement du frigidarium, restauré en 1967, est partiellement conservé à l’abbaye d’Arthous (Hastingues) et à Pau.

Bien qu’aucun vestige médiéval n’ait été identifié, le site semble avoir été réoccupé après l’Antiquité. L’ancienne église Saint-Martin de Misson, donnée au XIIe siècle à l’abbaye Saint-Jean de Sorde, est mentionnée en 1739 près de la ferme de Barat-de-Vin, avant d’apparaître en ruines sur la carte de Cassini. L’hypothèse d’un relais routier (plutôt qu’une villa aristocratique) est étayée par sa position sur la voie Bordeaux-Astorga et la présence de thermes imposants, mais reste débattue faute de preuves supplémentaires.

Aujourd’hui, le site fait l’objet d’un projet de fouilles relancé par la Communauté de communes Pays d’Orthe et Arrigans. Son intérêt archéologique persiste, notamment pour les élévations conservées des bains et du bâtiment de façade, ainsi que pour les mosaïques du IVe siècle. La détérioration progressive des vestiges depuis les années 1960 souligne l’urgence d’une nouvelle campagne d’études.

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