Villa gallo-romaine de Barat de Vin à Sorde-l'Abbaye dans les Landes

Villa gallo-romaine de Barat de Vin

  • 40300 Sorde-l'Abbaye
Crédit photo : IGN - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
300
400
500
1900
2000
IIIe siècle
Construction des thermes
IVe siècle
Transformation des thermes
Milieu du XIXe siècle
Découverte du site
1964-1966
Fouilles archéologiques
1967
Restauration du pavement
1973
Classement du site
1997
Inscription du site
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Site de la villa gallo-romaine (cad. ZI 3) : inscription par arrêté du 9 septembre 1997

Personnages clés

Jean Lauffray Archéologue ayant dirigé les fouilles entre 1964 et 1966.
Claude Bassier Responsable de la restauration du pavement du frigidarium en 1967.

Origine et histoire

La villa gallo-romaine de Barat-de-Vin est un site archéologique situé au lieu-dit Barat-de-Vin, sur la commune de Sorde-l'Abbaye (Landes, Nouvelle-Aquitaine). L'ensemble est remarquable par la conservation partielle des élévations des thermes et du bâtiment de façade, attribuées aux IIIe et Ve siècles après J.-C. Découvert et exploré au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le site a fait l’objet de sondages en 1957-1959 puis de fouilles dirigées par Jean Lauffray entre 1964 et 1966. Le pavement du frigidarium a été restauré en 1967 par la Socra (Claude Bassier) ; des éléments en sont conservés au dépôt archéologique de l’abbaye d’Arthous (tapis nord) et au bureau d’architecture antique du sud-ouest à Pau (bordure est, tapis central). Le pavement de la piscine froide, détérioré, a été laissé en place et recouvert, et des fragments ont été retrouvés dans une pièce au nord-est du balnéaire.

L’édifice se compose de deux bâtiments partiellement conservés : l’un au nord, partiellement dégagé, l’autre au sud, complètement mis au jour. Le gros-œuvre associe moellons et galets ; le bâtiment sud, situé entre une cour-jardin et une terrasse dominant le ruisseau voisin, comprenait une galerie ouverte dont subsistent des superstructures (murs hauts d’environ 5 m, portes cintrées, fenêtres) reliant l’habitation au balnéaire. Les thermes, attribués à une première phase au IIIe siècle, ont été transformés au IVe siècle ; les pavements datent du milieu et de la fin du IVe siècle. L’établissement comprend sept pièces, dont au moins un frigidarium et une piscine froide, et présente des mosaïques de l’École d’Aquitaine aux motifs géométriques et végétaux.

Le site est bordé au sud par le ruisseau de la Caoutere et à l’est par la voie romaine reliant Bordeaux à Astorga, mentionnée dans l’Itinéraire d’Antonin. Isolée d’un peu plus d’un kilomètre au sud-est du bourg antique de Sorde, la villa se situe aujourd’hui au sud de la D29, au milieu des champs, à proximité de la ferme de Barat-de-Vin.

Bien que l’occupation se poursuive après l’Antiquité, aucun vestige médiéval n’ait été découvert ; il est donc vraisemblable que des constructions antiques ont été réemployées. L’ancienne église Saint-Martin de Misson, donnée à l’abbaye de Sorde au XIIe siècle, la chapelle et son cimetière sont mentionnées en 1739 et figurent en ruine sur la carte de Cassini, et leur implantation pourrait se situer à cet endroit. L’interprétation du site reste ouverte : qualifié de « villa », il pourrait aussi avoir fonctionné comme relais routier sur la voie Bordeaux–Astorga, la présence d’un important balnéaire constituant un argument en ce sens.

Propriété privée à l’origine, le site est placé sous la tutelle du ministère de la Culture en 1970, puis devient propriété du département des Landes dans les années 2000. Il a été classé le 26 octobre 1973 puis inscrit aux Monuments historiques le 9 septembre 1997. Aujourd’hui, trois quarts du potentiel archéologique sont encore intacts ; le site n’est pas visitable et se détériore depuis les fouilles des années 1960. Un projet de fouilles a été relancé par la Communauté de communes Pays d’Orthe et Arrigans.

Liens externes