Frise chronologique
Ier siècle (vers 50-75)
Fondation de la villa
Fondation de la villa
Ier siècle (vers 50-75) (≈ 63)
Construction initiale et apogée du domaine.
115-120
Construction du fanum
Construction du fanum
115-120 (≈ 118)
Sanctuaire dédié à Apollon et Sirona.
Fin Ier - début IIe siècle
Extensions majeures
Extensions majeures
Fin Ier - début IIe siècle (≈ 225)
Ajout du péristyle et des thermes.
1894-1897
Premières fouilles
Premières fouilles
1894-1897 (≈ 1896)
Dirigées par Karl Wichmann sous annexion allemande.
7 septembre 1988
Classement MH
Classement MH
7 septembre 1988 (≈ 1988)
Protection au titre des monuments historiques.
2012
Arrêt des restaurations
Arrêt des restaurations
2012 (≈ 2012)
Travaux de mise en valeur interrompus.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Villa gallo-romaine de Saint-Ulrich (cad. C 63p, 65p, 67, 218/63) : classement par arrêté du 7 septembre 1988
Personnages clés
| Karl Wichmann - Archéologue |
Dirigea les premières fouilles (1894-1897). |
| Marcel Lutz - Archéologue et céramologue |
Fouilles de 1967 à 1983, expert du site. |
| Albert Grenier - Historien |
Étudia la romanisation via cette villa. |
| Édouard-Hermann Heppe - Architecte |
Réalisa le plan (incomplet) des fouilles. |
Origine et histoire
La villa gallo-romaine de Saint-Ulrich, située à Dolving en Moselle (Grand Est), est un site archéologique majeur daté du Ier au IVe siècle. Fouillée pour la première fois entre 1894 et 1897 par l’archéologue allemand Karl Wichmann, elle fut redécouverte lors de l’annexion de l’Alsace-Lorraine après le traité de Francfort (1871). Les fouilles ultérieures, menées par Marcel Lutz entre 1967 et 1983, révélèrent un domaine s’étendant sur plus de 200 hectares, incluant une pars urbana (résidence seigneuriale) et une pars rustica (bâtiments agricoles). Classée monument historique en 1988, la villa est considérée comme l’une des plus grandes des Gaules, avec des vestiges de thermes, un péristyle, et un fanum dédié à Apollon et Sirona.
Le domaine, stratégique et prospère, était situé à proximité de la voie Metz-Strasbourg et de l’antique cité de Pons Saravi (Sarrebourg). Son apogée date de la fin du Ier siècle, avec des extensions majeures au IIe siècle, incluant des ailes à péristyle et des thermes. Les fouilles ont mis au jour des objets remarquables : céramiques sigillées, fresques, une tête de cheval en terre blanche (représentant probablement Epona), et des monnaies d’époque hadrienne. Le site, partiellement détruit par des pillages au XIXe siècle, abrite aussi une nécropole mérovingienne et les traces d’un établissement religieux médiéval (IXe siècle).
L’architecture de la villa, de plan méditerranéen, diffère des modèles locaux de Gaule de l’Est, suggérant une influence directe de Rome ou de la Grèce. Les élites gauloises, comme celles de la cité des Médiomatriques, adoptèrent rapidement ce modèle pour afficher leur statut. Le déclin du site, mal daté, pourrait être lié aux invasions du IVe siècle, bien que certaines structures aient perduré. Aujourd’hui propriété du département de la Moselle, la villa, fermée depuis les années 2010, attend une restauration après l’arrêt des travaux entrepris en 2012.
Les fouilles ont également révélé un fanum (sanctuaire indigène) construit vers 115-120 près d’une source miraculeuse, ainsi qu’une seconde villa agricole à 300 mètres. Le matériel archéologique, conservé au musée de Sarrebourg, inclut des fibules, des fragments de verre et des outils en fer. Les études céramologiques ont permis de dater précisément certaines phases, comme l’occupation pré-flavienne (règnes de Claude et Néron). Malgré son importance, le site reste méconnu en raison de fouilles anciennes peu rigoureuses et de l’absence de valorisation récente.