Dégâts irréversibles 1924 (≈ 1924)
Création d’un canal pour centrale hydraulique
5 octobre 1979
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 5 octobre 1979 (≈ 1979)
Protection des vestiges (cadastre A 182-186)
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La villa gallo-romaine (cad. A 182 à 186) : classement par arrêté du 5 octobre 1979
Personnages clés
Nymfius - Propriétaire de la villa
Attesté par son épitaphe (Musée Saint-Raymond)
Georges Fouet - Archéologue
Fouilles de Valentine et Montmaurin
Origine et histoire
La villa gallo-romaine de Valentine, située sur la commune du même nom en Haute-Garonne (Occitanie), fut construite au IVe siècle sous l’empereur Constantin, comme l’atteste un milliaire découvert sur place. Appartenant à un certain Nymfius — dont l’épitaphe est conservée au Musée Saint-Raymond de Toulouse —, ce domaine aristocratique occupait une terrasse surplombant la Garonne, à l’abri des crues. Une voie secondaire reliait la villa à la route romaine principale traversant les collines pyrénéennes, confirmant son intégration dans les réseaux de communication de l’époque.
L’architecture de la villa reflète un luxe remarquable pour la Gaule romaine. Organisée autour d’une cour d’honneur de 52 mètres de long, elle comprenait un nymphée semi-circulaire en marbre (14,20 m de large), probablement utilisé comme réserve d’eau et élément décoratif. Le logis principal, centré sur un péristyle, abritait des salles chauffées par des hypocaustes, dont un système rayonnant alimenté par deux foyers, parmi les plus sophistiqués du sud de la Gaule. Les matériaux locaux — moellons de calcaire, marbres de Saint-Béat — et la présence d’une coupole sur la salle de réception soulignent son statut exceptionnel.
La villa était approvisionnée en eau par un aqueduc captant les sources thermales voisines (Labarthe-Rivière), traversant la cour jusqu’au nymphée. Les fouilles ont révélé des vestiges de la vie quotidienne : une citerne, un vivier à huîtres, et des logements distincts pour les domestiques et la famille propriétaire. À proximité, un prieuré médiéval (XIIe siècle) fut ultérieurement bâti, attestant d’une occupation continue du site. Les dégâts majeurs survinrent en 1924 lors de la construction d’un canal pour une centrale hydraulique.
Les fouilles, menées par l’archéologue Georges Fouet (découvreur aussi de la villa de Montmaurin), ont permis de documenter ce site majeur. Parmi les artefacts exhumés figurent une mosaïque sauvée en 1979, des outils comme une broche à tisser, et des éléments du sanctuaire gallo-romain adjacent. Classée Monument Historique en 1979, la villa de Valentine illustre l’opulence des élites rurales tardives, entre tradition romaine et adaptations locales.
Aujourd’hui, le site — propriété de la commune — conserve des traces de son passé prestigieux, bien que partiellement altéré. Son étude éclaire les dynamiques économiques et sociales de la Gaule du Bas-Empire, où les villæ jouaient un rôle central dans l’organisation du territoire et la production agricole.
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