Frise chronologique
Entre 359 et 172 av. J.-C.
Traces protohistoriques
Traces protohistoriques
Entre 359 et 172 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Foyer et trous de poteau antérieurs à la villa.
Ier–IIIe siècle
Occupation de la villa
Occupation de la villa
Ier–IIIe siècle (≈ 350)
Période d'apogée avec réaménagements.
1962
Premières fouilles
Premières fouilles
1962 (≈ 1962)
Sondage par G. Lintz et Marius Vazeilles.
Fin du XIXe siècle
Première découverte
Première découverte
Fin du XIXe siècle (≈ 1995)
Monnaie de Néron et identification du site.
2006–2007
Fouilles modernes
Fouilles modernes
2006–2007 (≈ 2007)
Découverte d'hypocaustes et de dallages intacts.
22 décembre 2015
Protection officielle
Protection officielle
22 décembre 2015 (≈ 2015)
Inscription aux Monuments Historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Villa antique du Champ du Palais : les vestiges de la villa ainsi que le sol de la parcelle correspondante contenant des vestiges archéologiques, tel que représenté en rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. B 1136) : inscription par arrêté du 22 décembre 2015.
Personnages clés
| Marius Vazeilles - Érudit et archéologue local |
A initié les premières recherches en 1962. |
| Guy Lintz - Archéologue |
A dirigé un sondage en 1962. |
| Hélène Mavéraud - Archéologue |
Responsable des fouilles de 2006-2007. |
Origine et histoire
La villa gallo-romaine du Champ du Palais, située à Bugeat (Corrèze, Nouvelle-Aquitaine), est un ensemble architectural daté entre le Ier et le IIIe siècle. Ce site, connu depuis le XIXe siècle, correspond à la pars urbana (partie résidentielle) d’un domaine agricole gallo-romain. Les vestiges, situés à 500 m du bourg près du Pont des Rochers, incluent des dallages en granite, des systèmes d’hypocauste (chauffage par le sol), et des éléments décoratifs comme des enduits peints ou des chapiteaux. Les fouilles, menées dès les années 1960 puis en 2006-2007 et 2020, ont révélé une occupation continue et des réaménagements, ainsi qu’un mobilier archéologique (céramiques, objets métalliques) attestant d’un habitat luxueux.
Les découvertes incluent une galerie dallée bordée d’un caniveau, des salles chauffées par hypocauste avec des pilettes (supports) en granite – une particularité rare –, et un bac à chaux utilisé pour la construction. En 2020, les fouilles ont mis au jour une aile occidentale de 250 m2, avec une cour de service et un praefurnium (foyer) alimentant le système de chauffage. Le site, partiellement pillé comme carrière de pierre, a été inscrit aux Monuments Historiques en 2015 pour préserver ses vestiges et son sol archéologique.
Avant la romanisation, des traces d’un foyer protohistorique (entre 359 et 172 av. J.-C.) ont été identifiées sur le site, suggérant une occupation antérieure à la villa. Celle-ci illustre la mise en valeur des terres légères des plateaux de la « Montagne » corrézienne durant l’Antiquité, avec un réseau dense de villæ espacées d’environ un kilomètre. Les comparaisons avec la villa des Cars (à 8 km) montrent des similitudes architecturales, comme des cours dallées et des murs en moellons, reflétant une standardisation des habitats ruraux romains dans la région.
Les fouilles ont aussi révélé des phases de construction distinctes : deux salles initiales et une troisième, ajoutée ultérieurement avec un hypocauste, indiquant des réaménagements. Le mobilier (céramiques sigillées, verres, clous) et les structures (enduit peint, grès rouge) témoignent d’un décor soigné, caractéristique des élites rurales gallo-romaines. Le toponyme « Champ du Palais » évoque d’ailleurs, comme ailleurs en Limousin, des résidences aristocratiques (palatium), bien que la villa de Bugeat ait probablement appartenu à un propriétaire terrien aisé plutôt qu’à un dignitaire impérial.
Le site, propriété de la commune, reste partiellement inexploré, notamment sa pars rustica (partie agricole) supposée à l’est. Les recherches récentes (2020) ont confirmé l’usage de matériaux locaux (granite) et des techniques romaines (béton de tuileau, hypocauste), tout en soulignant une récupération intensive des matériaux à la fin de l’Antiquité, peut-être liée au déclin des campagnes au IIIe siècle. Aujourd’hui, les vestiges protégés offrent un éclairage précieux sur la vie rurale en Gaule romaine, entre exploitation agricole et confort domestique.