Frise chronologique
1896
Baptême initial
Baptême initial
1896 (≈ 1896)
Théophile Michau nomme la demeure « Greystones »
1938-1950
Construction de Greystones 2
Construction de Greystones 2
1938-1950 (≈ 1944)
Michel Roux-Spitz édifie la villa moderne
1946-1950
Réalisation de la fresque
Réalisation de la fresque
1946-1950 (≈ 1948)
Louis Bouquet peint le périple imaginaire
2012
Acquisition par François Pinault
Acquisition par François Pinault
2012 (≈ 2012)
Début des rénovations et installations artistiques
4 juillet 2014
Inscription MH
Inscription MH
4 juillet 2014 (≈ 2014)
Villa et jardin inscrits monuments historiques
8 février 2019
Classement MH
Classement MH
8 février 2019 (≈ 2019)
Classement complet de la propriété
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La villa, à savoir la maison avec ses terrasses en totalité, y compris l'ajout édifié à l'arrière du mur coupe-vent, le jardin en totalité (terrain d'assiette et tous aménagements architecturés : murs de clôture et de soutènement, allées, escaliers, garde-corps, pavillon hexagonal, bassin, sculptures et éléments décoratifs d'attache, etc...), les façades et toitures des dépendances (cad. E 160 à 164, 1093) : inscription par arrêté du 4 juillet 2014 ; La villa Greystones, sise 16 boulevard de la Mer, à savoir la maison avec ses terrasses en totalité, le jardin en totalité y compris les sculptures et éléments décoratifs conçus pour celui-ci par Alfred Janniot, le pavillon hexagonal en totalité, les murs d’enceinte et les façades et toitures des dépendances, tel que délimité sur le plan annexé à l’arrêté (cad. E 160 à 164, 1093) : classement par arrêté du 8 février 2019
Personnages clés
| Michel Roux-Spitz - Architecte et propriétaire |
Conçoit et habite la villa (1938-1957) |
| Théophile Michau - Industriel et député |
Propriétaire initial, baptise « Greystones » (1896) |
| Louis Bouquet - Peintre |
Auteur de la fresque du salon (1946-1950) |
| Alfred Janniot - Sculpteur |
Crée sculptures et bas-reliefs du jardin |
| François Pinault - Propriétaire et mécène |
Acquiert la villa en 2012, y installe des œuvres |
Origine et histoire
La villa Greystones, située à Dinard sur le boulevard de la Mer, trouve ses origines dans une ancienne demeure du XIXe siècle appartenant à l'industriel Théophile Michau. Ce dernier la baptise « Greystones » vers 1896, un nom repris plus tard par l'architecte Michel Roux-Spitz. En 1938, après en avoir hérité, Roux-Spitz détruit la construction initiale pour édifier une villa moderne, qu'il nomme « Greystones 2 ». Les travaux, débutés cette même année, s'achèvent en 1950, marquant la naissance d'un édifice emblématique du classicisme moderne, mêlant granite, béton et toiture-terrasse.
La villa, conçue comme une résidence personnelle par Roux-Spitz, s'articule autour de trois éléments majeurs : le jardin en terrasses de style méditerranéen, un escalier intérieur monumental et une fresque murale réalisée entre 1946 et 1950 par Louis Bouquet. Cette fresque, ornant le grand salon en rotonde en porte-à-faux, illustre un périple imaginaire. Le jardin, agrémenté de sculptures d'Alfred Janniot comme le bassin de Neptune, et les encadrements en pierre reconstituée (technique Laford) soulignent le raffinement architectural du lieu. Roux-Spitz y vit jusqu'à sa mort en 1957.
Après 1957, la villa est divisée en plusieurs lots et subit des modifications jusqu'en 2012, année où elle est acquise par les mécènes Yves et Lotus Mahé, puis revendue à François Pinault. Ce dernier entreprend d'importants travaux de rénovation et y installe des œuvres d'art contemporaines, dont Le Coup de tête de Zidane d'Adel Abdessemed (2014), Rock on Top of Another Rock de Fischli & Weiss (2015), et L'Arbre à la pierre de Giuseppe Penone (2016). Ces ajouts transforment la villa en un lieu dialoguant entre patrimoine historique et art moderne.
La villa Greystones est reconnue pour son statut patrimonial exceptionnel. Inscrite aux monuments historiques par arrêté du 4 juillet 2014, elle est ensuite classée le 8 février 2019. Ces protections englobent la maison avec ses terrasses, le jardin dans son intégralité (y compris les sculptures de Janniot), le pavillon hexagonal, et les dépendances. L'architecture de Roux-Spitz, inspirée des folies du XVIIIe siècle, allie intimité et audace structurelle, tandis que le site incarne aujourd'hui un héritage à la fois artistique et historique.
Située à l'extrémité de la plage de Port-Salut, face à Saint-Malo, la villa est jumelle des Roches Brunes, autre réalisation de Roux-Spitz. Son emplacement sur la pointe de la Malouine offre une vue dominante sur la mer, renforcée par des aménagements paysagers en terrasses et des allées sinueuses. Les matériaux bruts (granite, béton) contrastent avec les éléments décoratifs, comme les bas-reliefs de la fontaine ou les allégories surmontant les baies, créant un équilibre entre rigueur moderne et ornements traditionnels.