Construction de la villa 1936-1937 (≈ 1937)
Édifiée par Georges Michaud pour Jean-Auguste Gros.
1961-1978
Propriété du groupe Michelin
Propriété du groupe Michelin 1961-1978 (≈ 1970)
Acquise puis revendue par l’industriel.
2009
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 2009 (≈ 2009)
Protection totale (bâtiment, intérieurs, portail).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La villa en totalité, y compris ses intérieurs, son portail d'entrée et le sol de sa parcelle (cad. HI 19) : inscription par arrêté du 23 décembre 2009
Personnages clés
Jean-Auguste Gros - Commanditaire industriel
Propriétaire initial, industriel clermontois.
Georges Michaud - Architecte
Concepteur de la villa, synthèse stylistique.
Famille Hibou - Occupants emblématiques
Donne son surnom à la villa.
Origine et histoire de la Villa Gros
La villa Gros, édifiée en 1936-1937 à Clermont-Ferrand, fut commandée par l’industriel local Jean-Auguste Gros à l’architecte Georges Michaud. Ce projet incarne une fusion unique de courants architecturaux des années 1930 : le classicisme bourgeois (plan massé, maison de maître), l’Art Déco (portail en grès flammé bleu, perron à colonnes, pergola), et le modernisme international (volumes épurés, matériaux innovants). Le style « paquebot », visible dans les balcons semi-circulaires à garde-corps tubulaires, et le régionalisme, présent dans les façades, renforcent son caractère hybride. La villa marque une transition entre la demeure bourgeoise d’avant 1914 et le pavillon contemporain de l’après-guerre.
La propriété, organisée sur quatre niveaux (sous-sol semi-enterré avec garage et chaufferie, rez-de-chaussée dédié aux pièces de réception, étages réservés aux chambres et à un studio avec terrasse), reflète le mode de vie aisé de son commanditaire. Elle fut acquise par le groupe Michelin entre 1961 et 1978, avant d’être surnommée « villa Hibou » après son occupation par la famille éponyme à partir de 1968. Son inscription aux monuments historiques en 2009, couvrant la totalité du bâtiment (intérieurs, portail, parcelle), souligne sa valeur patrimoniale comme témoignage des expérimentations architecturales des années 1930.
L’architecte Georges Michaud y déploie un vocabulaire éclectique : chapiteaux stylisés, corniches moulurées, et jardinières en grès dialoguent avec des lignes fluides et des ouvertures généreuses. La villa, située au 2 boulevard Claude-Bernard, incarne aussi l’influence industrielle de Clermont-Ferrand, ville marquée par des dynasties comme Michelin ou Gros. Son portail monumental, orné de carreaux de grès bleu, et ses intérieurs préservés en font un exemple rare de synthèse entre tradition locale et avant-garde internationale, caractéristique de l’entre-deux-guerres en Auvergne.