Origine et histoire de la Villa Le Typhonium
La villa Le Typhonium, située à Wissant dans le département du Pas-de-Calais, est une construction atypique de style néo-égyptien ptolémaïque. Édifiée en 1891 par l’architecte belge Edmond De Vigne pour le couple de peintres Adrien Demont et Virginie Breton, elle se distingue par ses façades en brique et pierre marbrière, ainsi que par ses terrasses en béton. Son agrandissement en 1911 inclut une porte monumentale inspirée de la porte de Dendérah en Égypte, ornée d’un bas-relief sculpté par Virginie Breton représentant sa famille en costumes égyptiens, aux côtés d’un aéroplane de Louis Blériot, symbole de modernité.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la villa subit un incendie détruisant son décor intérieur en boiseries néo-flamandes. Malgré cela, elle conserve son caractère exceptionnel, témoignant de l’influence artistique et architecturale de l’École de Wissant, un foyer créatif actif de 1889 aux années 1940. Le Typhonium a également servi de décor pour le film Ma Loute (2016) de Bruno Dumont, renforçant son ancrage culturel.
Wissant, station balnéaire du Boulonnais, connaît un essor touristique à la fin du XIXe siècle, attirant artistes et bourgeois en quête de villégiature. La villa s’inscrit dans ce contexte de transformation du littoral, marqué par l’urbanisation des dunes et l’émergence d’une architecture éclectique. Aujourd’hui, elle reste un symbole du patrimoine local, protégé au titre des monuments historiques depuis 1985.
Le site de Wissant, entre les caps Gris-Nez et Blanc-Nez, est par ailleurs marqué par une forte érosion côtière, un enjeu environnemental majeur depuis le XXe siècle. Cette dynamique contraste avec le caractère préservé de la villa, perchée sur une butte à l’abri des assauts de la mer. Le Typhonium incarne ainsi à la fois la fragilité et la résilience du patrimoine littoral.
Les peintres Adrien Demont et Virginie Breton, figures centrales de l’École de Wissant, ont fait de cette villa leur résidence et atelier. Leur œuvre, inspirée par les paysages maritimes et les lumières de la Côte d’Opale, a contribué à la renommée artistique de la région. La villa, avec son histoire liée à l’art et à l’architecture, illustre l’alliance entre création et patrimoine.
Enfin, la villa Le Typhonium s’inscrit dans un territoire riche en histoire, des vestiges préhistoriques aux occupations militaires de la Seconde Guerre mondiale. Son architecture éclectique et son lien avec l’École de Wissant en font un monument emblématique, à la croisée des héritages artistique, historique et naturel de la Côte d’Opale.