Frise chronologique
1883-1884
Construction de la villa
Construction de la villa
1883-1884 (≈ 1884)
Édifiée par Bernard Castex pour Gabriel Estradère.
1907
Fin de propriété Estradère
Fin de propriété Estradère
1907 (≈ 1907)
Vente après la mort du commanditaire.
1915-1930
Résidence des princes de Monaco
Résidence des princes de Monaco
1915-1930 (≈ 1923)
Période d'occupation princière et modifications mineures.
2010
Restauration de l'escalier extérieur
Restauration de l'escalier extérieur
2010 (≈ 2010)
Avec participation de la Fondation du Patrimoine.
6 avril 2012
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
6 avril 2012 (≈ 2012)
Inscription de la villa en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La villa en totalité (cad. K 231) : inscription par arrêté du 6 avril 2012
Personnages clés
| Gabriel Félix Estradère - Commanditaire et premier propriétaire |
Ingénieur des mines enrichi au Mexique. |
| Bernard Castex - Architecte de la villa |
A conçu la villa dans le style Beaux-Arts. |
| Princes de Monaco - Ancien résidents (1915-1930) |
Occupèrent la villa pendant quinze ans. |
| Luisa de Mésagne Cito Filomarino - Épouse de Gabriel Estradère |
La villa porte son prénom. |
Origine et histoire
La villa Luisa, construite en 1883-1884 à Bagnères-de-Luchon par l'architecte Bernard Castex, s'inscrit dans la tradition Beaux-Arts de la fin du XIXe siècle. Commandée par Gabriel Félix Estradère, ingénieur des mines enrichi au Mexique grâce à l'exploitation de mines d'or et d'argent, elle porte le prénom de son épouse, Luisa, née princesse de Mésagne Cito Filomarino. Le bâtiment, organisé autour d'un plan rectangulaire, se distingue par ses élévations ordonnancées, ses bow-windows, et une toiture à pans brisés couverte d'ardoise. Son décor intérieur et extérieur, d'inspiration Néo-Renaissance, inclut des chaînages harpés, des colonnes, et des pilastres structurant les espaces.
Implantée face au Casino municipal, sur l'ancienne propriété Lafont-Lassale, la villa était à l'origine entourée d'un vaste jardin, aujourd'hui partiellement réduit. Son étage de soubassement abritait les communs, tandis que le rez-de-chaussée, surélevé, était dédié aux pièces de réception disposées en enfilade. Les étages supérieurs accueillaient les chambres des résidents, et les combles, celles des domestiques. Un escalier monumental en bois, à deux volées droites, dessert les niveaux, complété par un escalier de service en plâtre et bois. La villa fut également dotée d'un ascenseur à cabine en menuiserie, aujourd'hui disparu.
Après avoir appartenu à Gabriel Estradère jusqu'en 1907, la villa devint la résidence des princes de Monaco entre 1915 et 1930, période durant laquelle des modifications mineures, comme la réfection du lanternon, pourraient avoir eu lieu. Par la suite, elle fut annexée à l'hôtel Pyrénées-Palace avant d'être transformée en copropriété d'une dizaine de logements. En 2010, l'escalier extérieur fut restauré avec l'aide de la Fondation du Patrimoine. La villa, classée Monument Historique en 2012, illustre l'opulence des résidences thermales de l'époque, mêlant influences éclectiques et fonctionnalité domestique.
L'architecture de la villa Luisa reflète l'aisance financière de son commanditaire, Estradère, dont la fortune permit une décoration somptueuse, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Les façades, animées par des balcons, des bow-windows et un porche monumental, contrastent avec la rigueur du plan rectangulaire. À l'intérieur, la cage d'escalier et le hall d'entrée concentrent un décor structuré par des colonnes et des pilastres. La villa, qualifiée de "version domestique du casino" par Odile Foucaud, précède les modifications Art Déco de ce dernier, soulignant son rôle dans le paysage architectural thermal de Luchon.
Aujourd'hui, la villa Luisa, bien que divisée en copropriété, conserve des éléments remarquables comme sa toiture hérissée de cheminées sculptées, ses lucarnes, et ses élévations en faux appareil. Son histoire, liée à la fois à l'aristocratie européenne et à l'âge d'or des stations thermales, en fait un témoignage précieux de cette époque. L'ancienne écurie, lotie séparément, et la disparition de la terrasse entourant le belvédère central rappellent les transformations subies par le domaine au fil du temps.