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Villa Magalone à Marseille 1er dans les Bouches-du-Rhône

Villa Magalone

    245 bis Boulevard Michelet
    13009 Marseille
Propriété de la commune
Villa Magalone
Villa Magalone
Villa Magalone
Villa Magalone
Crédit photo : Rvalette - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1721
Vente inachevée
fin XVIIe siècle
Construction commandée
1948
Inscription monument historique
milieu XIXe siècle
Acquisition par Madame de Ferry
1987
Acquisition par la ville
2020
Retrait du label *Jardin remarquable*
2025
Restauration prévue
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La villa : inscription par arrêté du 7 juillet 1948

Personnages clés

Frères Magalon - Commanditaires initiaux Négociants enrichis dans l’armement et le cabotage
Pierre Puget - Architecte attribué Auteur présumé des plans de la villa
Madame de Ferry - Propriétaire et restauratrice Femme de lettres, acquéreuse au XIXe siècle
Edouard André - Paysagiste Réaménagea le parc au début du XXe siècle
Veyrier - Sculpteur attribué Auteur présumé des Quatre Saisons

Origine et histoire

La villa Magalone fut commandée à la fin du XVIIe siècle par les frères Magalon, riches négociants marseillais enrichis dans le commerce d’armement et le cabotage. Ses plans sont traditionnellement attribués à l’architecte Pierre Puget. Inachevée, elle fut vendue en 1721 lors de l’épidémie de peste qui ravagea Marseille. Le domaine changea plusieurs fois de mains, appartenant notamment aux familles Sabran et Paul, avant de devenir un bien national après la Révolution.

Au XIXe siècle, la femme de lettres Madame de Ferry acquit la propriété et entreprit sa restauration au début du XXe siècle. Le parc, alors étendu sur 12 hectares, fut réaménagé par le paysagiste Edouard André dans un style classique, mettant en valeur la bastide et sa statuaire. En 1948, la villa fut inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. Urbanisé au XXe siècle (percement du boulevard Michelet, construction de la Cité radieuse de Le Corbusier), le domaine, réduit à 1,4 hectare, devint propriété municipale en 1987.

Aujourd’hui, la villa abrite une école municipale de musique, tandis que son parc, ouvert au public, conserve des éléments remarquables comme des fontaines symbolisant le Rhône et la Saône, des statues des Quatre Saisons attribuées à Veyrier, et des vases en pierre provenant du château de Grignan. En 2020, le ministère de la Culture retira son label Jardin remarquable en raison de la dégradation des statuaires. Une restauration est prévue pour 2025, avec pour objectif de retrouver ce label. En 2023, l’abattage de 22 arbres pour raisons sanitaires suscita une polémique locale.

À son apogée, le domaine illustrait le faste des bastides marseillaises : au XVIIIe siècle, on en comptait 5 800 dans la banlieue de la ville. La Magalone, avec son jardin géométrique, ses terrasses, sa chapelle et ses bosquets, incarnait l’idéal de retraite campagnarde des élites commerçantes. Les deux terrasses, ornées de balustrades et d’un escalier menant à une plateforme, créaient une transition harmonieuse entre l’architecture et la nature. Les allées de tulipiers, les parterres de buis en forme de fleur de lys, et les bassins (circulaire et hexagonal) reflétaient l’influence des jardins italiens.

Le parc abritait aussi un petit bois, une roseraie et des boulingrins, tandis que des statues et vases en pierre, hérités de Grignan, enrichissaient les espaces. Malgré les vicissitudes (réduction drastique de sa superficie, perte du label), la Magalone reste un exemple emblématique du patrimoine paysager provençal, mêlant histoire architecturale, botanique et vie culturelle contemporaine.

Liens externes