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Villa Saint-James à Aix-les-Bains en Savoie

Villa Saint-James

    4 Rue Boyd
    73100 Aix-les-Bains
Propriété privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1891-1893
Construction de la villa
1894
Pose de la plaque
1898
Ajout de la marquise
1930-1935
Intégration hôtelière et subdivision
1968
Disparition des carreaux
6 décembre 2023
Protection Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La villa Saint-James, façades et toitures, ainsi que le hall d’entrée, le vestibule donnant sur l’escalier, la cage d’escalier jusqu’au dernier étage, ainsi que les plafonds peints de la salle à manger et de la chambre à coucher de l’appartement du premier (lot n° 6), situé 4 rue Boyd, sur la parcelle n° 297, figurant au cadastre section CD : inscription par arrêté du 6 décembre 2023

Personnages clés

Paul Bonna - Entrepreneur Constructeur de la villa (1891-1893).
Eugène Gavard - Commanditaire Demande la plaque « Villa Saint-James » (1894).
Delimoges - Architecte Conçoit la marquise en 1898.
Gabrielle Chiron - Propriétaire et hôtelière Intègre la villa dans une société (1930).

Origine et histoire

La Villa Saint-James, construite entre 1891 et 1893 par l’entreprise Paul Bonna à Aix-les-Bains, remplace un ancien hangar et un logis datant de 1869. L’immeuble se distingue par sa façade à trois balcons en fer forgé et ses fenêtres mansardées, mais son intérêt principal réside dans ses décors intérieurs. Ceux-ci, d’une grande finesse, mêlent peintures à l’huile, gouache et aquarelle sur toiles marouflées, avec des motifs floraux et rocaille dans le hall, le vestibule, la cage d’escalier et un appartement du premier étage. Les panneaux trompe-l’œil, les frises végétales et les plafonds ornés de guirlandes de fleurs (glycines, capucines) témoignent d’un savoir-faire artistique remarquable, bien que leurs auteurs restent anonymes.

L’histoire de la villa est marquée par plusieurs transformations : en 1894, une plaque en marbre « Villa Saint-James » est apposée à la demande d’Eugène Gavard ; en 1898, une marquise en verre de Saint-Gobain, dessinée par l’architecte Delimoges, est ajoutée en façade. Au XXe siècle, l’immeuble connaît des divisions et des modifications, comme la disparition des carreaux de céramique de la façade en 1968 ou le remplacement de la marquise en 1997 après un accident. En 1930, Gabrielle Chiron, veuve de l’aviateur Michel Mermoz, intègre la villa dans une société hôtelière avant de la subdiviser en lots en 1935. Les décors, partiellement conservés dans les parties communes et un appartement, illustrent le style des pensions thermales modestes de l’époque.

La Villa Saint-James est protégée depuis décembre 2023 pour ses façades, toitures, hall d’entrée, cage d’escalier et plafonds peints du premier étage. Ces éléments, ainsi que les vitraux géométriques de la cage d’escalier et les boiseries, en font un témoignage précieux de l’architecture et de l’art décoratif de la fin du XIXe siècle en Savoie. L’immeuble, initialement conçu comme un lieu résidentiel et peut-être hôtelier, reflète l’essor thermal d’Aix-les-Bains, station prisée pour ses eaux et son cadre alpin.

L’organisation spatiale de la villa inclut une cour fermée à l’arrière, bordée de deux ailes en retour d’équerre. Celle de gauche, autrefois logement de gardien, est aujourd’hui intégrée à un appartement. Les balcons sur cour, partiellement couverts aux étages supérieurs, et l’escalier en pierre menant aux étages complètent cette composition. Malgré des altérations (tronçonnage des marches pour un ascenseur en 1982, obstruction d’un pignon en 1999), la villa conserve une cohérence architecturale et décorative exceptionnelle, soulignée par sa récente protection au titre des Monuments Historiques.

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