Frise chronologique
1907-1912
Construction de la villa
Construction de la villa
1907-1912 (≈ 1910)
Bâtie par Georges Pichereau pour Henri de Rothschild.
1924
Achat par Strassburger
Achat par Strassburger
1924 (≈ 1924)
Ralph Beaver Strassburger acquiert la villa.
1942
Construction d'un souterrain
Construction d'un souterrain
1942 (≈ 1942)
Abris anti-aérien pendant l'Occupation.
29 octobre 1975
Classement monument historique
Classement monument historique
29 octobre 1975 (≈ 1975)
Protection des façades et toitures.
1980
Legs à la ville de Deauville
Legs à la ville de Deauville
1980 (≈ 1980)
Don de Peter Strassburger.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures (cad. AN 2) : inscription par arrêté du 29 octobre 1975
Personnages clés
| Henri de Rothschild - Commanditaire initial |
Fait construire la villa en 1907-1912. |
| Georges Pichereau - Architecte |
Conçoit la villa en style néo-normand. |
| Ralph Beaver Strassburger - Propriétaire (1924-1959) |
Billardaire américain, rénove la villa. |
| Gustave Flaubert - Ancien propriétaire du terrain |
Fermier avant 1875. |
| Peter Strassburger - Donateur |
Lègue la villa à Deauville en 1980. |
Origine et histoire
La villa Strassburger, initialement nommée villa du Coteau, fut édifiée entre 1907 et 1912 par l’architecte Georges Pichereau pour Henri de Rothschild, sur l’emplacement d’une ferme ayant appartenu à Gustave Flaubert. Ce manoir néo-normand, inspiré des traditions augeronnes (pans de bois, toits en tuiles plates, épis de faîtage), incarne la seconde génération de ce style architectural. Ses façades et toitures furent inscrites aux monuments historiques en 1975.
Vendue en 1924 à Ralph Beaver Strassburger, milliardaire américain passionné de courses hippiques, la villa devint sa résidence estivale. La famille y organisa des réceptions fastueuses, accueillant des personnalités comme Vincent Scotto, Suzy Delair ou Marcel Boussac. Pendant l’Occupation, les Allemands la dévastèrent. En 1948, son intérieur fut rénové dans un style somptueux, mêlant mobilier d’époque et décors modernes (sauna en toile, salle de bain Louis XVI).
Après la mort de Ralph Strassburger en 1959 et de son épouse en 1975, leur fils Peter offrit la villa à Deauville en 1980. Aujourd’hui, elle abrite des manifestations culturelles et des réceptions privées. Son parc, planté de pommiers, et ses intérieurs (bureau avec téléphone des années 1950, chambre aux murs couverts de pin-up) témoignent de son histoire mouvementée, entre faste et guerres.
La villa combine des éléments architecturaux savants (toit à l’impériale, pyramidions) et vernaculaires (appareils en damier, hourdis en tuileaux). Son parc régionaliste, ses lucarnes passantes et ses décors intacts en font un exemple rare de l’éclectisme néo-normand. Les Strassburger, bien que n’y séjournant qu’un mois par an, entretenaient une trentaine de domestiques pour son entretien permanent.
Construite à proximité de l’hippodrome de la Touques, la villa fut aussi un lieu stratégique pendant la Seconde Guerre mondiale : un souterrain y fut creusé en 1942 pour abriter ses occupants. Son legs à la ville permit de préserver ce patrimoine, aujourd’hui ouvert au public pour des événements, perpétuant son rôle de lieu de prestige et de sociabilité.