Construction de la villa 1885 (≈ 1885)
Commande d’Antoine Emery pour sa résidence.
2016
Rachat par la ville
Rachat par la ville 2016 (≈ 2016)
Acquisition pour restauration et reconversion.
16 juillet 2021
Classement partiel
Classement partiel 16 juillet 2021 (≈ 2021)
Protection des façades, décors et jardins.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parties suivantes de la Villa Valcormes, telle que délémitées en rouge sur les plans annexés à l’arrêté : villa : les façades et la toiture ; à l’intérieur, l’ancien jardin d’hiver au niveau de soubassement et le rez-de-chaussée en totalité avec l’ensemble de ses décors ; maison de gardien : les façades et la toiture ; dépendance (ancien lavoir) : les façades et la toiture ; jardin ; les terrasses entourant la villa et les aménagements en rocailles réalisés sur l’ensemble de la parcelle n°46, situées vallon des Cormes, chemin de la Bigotte, figurant au cadastre sur la parcelle 903 C 46 : inscription par arrêté du 16 juillet 2021
Personnages clés
Antoine Emery - Industriel commanditaire
Propriétaire initial, fabricant de résine à Septèmes.
Origine et histoire
La villa Valcormes, située dans le quartier de Notre-Dame Limite (15e arrondissement de Marseille), fut édifiée en 1885 pour l’industriel Antoine Emery, dont une usine de résine était implantée à Septèmes. De plan carré avec un pavillon d’angle, elle incarne l’architecture des bastides marseillaises de la fin du XIXe siècle, mêlant classicisme, pittoresque et éléments rustiques. Ses façades éclectiques abritent un décor mural exceptionnel : paysages lacustres dans l’ancien fumoir, trompe-l’œil imitant un velours orné de fables de La Fontaine dans la salle à manger, et une pergola métallique ouvrant sur des vues d’Istanbul dans le salon ottoman. L’auteur de ces décors, comme celui des rocailles du jardin – grottes artificielles, bancs et jardinières en pierre –, reste inconnu.
Le rez-de-chaussée surélevé, dédié aux réceptions, et le jardin d’hiver en soubassement reflètent le mode de vie bourgeois de l’époque. Les terrasses en rocailles, caractéristiques des propriétés marseillaises, soulignent l’intégration paysagère de la villa. Rachetée par la municipalité en 2016, elle a été restaurée pour devenir un centre de santé. Les éléments protégés depuis 2021 incluent les façades, toitures, décors intérieurs, ainsi que le jardin et ses aménagements, témoignant de la valeur patrimoniale du site.
L’architecte de la villa n’est pas identifié, tout comme les artisans des peintures et des rocailles. La parcelle, située chemin de la Bigotte (vallon des Cormes), illustre l’urbanisation des collines marseillaises par l’aristocratie industrielle. Le mélange de styles – néoclassique, orientaliste et naturaliste – et les techniques illusionnistes des décors intérieurs en font un exemple remarquable de l’éclectisme architectural de la période.
Classée parmi les Monuments Historiques, la villa Valcormes incarne à la fois le faste des résidences secondaires marseillaises et l’ingéniosité des artisans locaux. Son jardin, avec ses fausses grottes et ses terrasses, évoque les influences méditerranéennes et le goût pour les paysages reconstitués, typiques des bastides de l’époque. Aujourd’hui propriété publique, elle perpétue son rôle social, passant de lieu de villégiature à équipement sanitaire au service des Marseillais.