Fondation du jardin d'essai colonial 1899 (≈ 1899)
Création par Jean Dybowski pour cultures tropicales.
1907
Exposition coloniale
Exposition coloniale 1907 (≈ 1907)
Transformation en jardin didactique avec villages coloniaux.
1916
Première mosquée de France
Première mosquée de France 1916 (≈ 1916)
Inaugurée pour les soldats coloniaux pendant la Grande Guerre.
1921
Création de l'Institut d'agronomie coloniale
Création de l'Institut d'agronomie coloniale 1921 (≈ 1921)
Fusion avec une école pour former l’INAC.
1984
Incendie du temple indochinois
Incendie du temple indochinois 1984 (≈ 1984)
Reconstruit en 1992 sous le nom de pagode.
2006
Réouverture au public
Réouverture au public 2006 (≈ 2006)
Après rachat par la Ville de Paris en 2003.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pagode vietnamienne ou Temple indochinois (incendiée en 1984) : inscription par arrêté du 6 mai 1965 - Grande serre et serre du Dahomey ; pavillons de l'Indochine, de la Tunisie, de la Réunion, du Congo, du Maroc et de la Guyane ; esplanade du Dinh avec son décor et l'urne funéraire, pont tonkinois, pont khmer, porte chinoise, piège à tigre, grande cloche de bois, monuments aux morts de la guerre 1914-1918 (cad. 12 : 01 BD 3) : inscription par arrêté du 1er juin 1994
Personnages clés
Jean Dybowski - Agronome et explorateur
Fondateur du jardin d’essai colonial en 1899.
René Dumont - Écologiste pionnier
Ancien élève, donne son nom au jardin.
Jean-Baptiste Belloc - Sculpteur
Auteur des statues coloniales exposées.
Origine et histoire
Le jardin d'agronomie tropicale René-Dumont, situé à l’extrémité orientale du bois de Vincennes (Paris 12e), occupe l’emplacement de l’ancien jardin d’essai colonial fondé en 1899 par l’agronome Jean Dybowski. Ce site visait à expérimenter des cultures tropicales (caféiers, bananiers, caoutchouc) pour optimiser les productions des colonies françaises. Entre 1899 et 1907, il récupère des pavillons et serres issus d’expositions universelles ou coloniales, comme la serre du Dahomey (1900) ou le pavillon du Congo (1906), transformant le lieu en un jardin didactique mettant en scène des villages coloniaux lors de l’exposition de 1907.
Durant la Première Guerre mondiale, le site sert d’hôpital pour les troupes coloniales, accueillant même la première mosquée de France métropolitaine (1916, détruite après-guerre). Après 1918, il devient un lieu de mémoire avec des monuments aux soldats d’outre-mer morts pour la France (Madagascar, Indochine, Afrique). En 1921, le jardin fusionne avec une école pour former l’Institut d’agronomie coloniale, précurseur des actuels centres de recherche comme le CIRAD, installé sur place jusqu’en 1995.
Les pavillons, comme le temple du souvenir indochinois (incendié en 1984 et reconstruit en 1992) ou le pavillon de la Tunisie (rénové en 2020), témoignent de ce passé colonial. Aujourd’hui, le jardin allie patrimoine historique (monuments classés en 1994), recherche agronomique et engagements écologiques, abritant des institutions comme le CIRAD ou le CIRED. Son nom rend hommage à René Dumont, écologiste formé dans ce lieu, symbolisant sa transition vers une vocation durable.
Les vestiges architecturaux — ponts khmer et tonkinois, porte chinoise, esplanade du Dinh — rappellent l’exposition de 1907, qualifiée rétrospectivement de zoo humain pour ses mises en scène de populations colonisées. Cinq statues coloniales, issues d’un monument de Jean-Baptiste Belloc, gisent près de l’entrée, illustrant les débats mémoriels contemporains. Le site, classé en 1960, reste un espace hybride : mémoire postcoloniale, biodiversité francilienne et pépinière d’initiatives écologiques.
La végétation, autrefois exotique, a cédé la place à des espèces locales, sauf quelques reliques (bambous, kakis). Les serres (1899–1972) et les laboratoires rappellent son rôle scientifique, tandis que les monuments aux morts et la pagode indochinoise (emblème du jardin) ancrent sa dimension commémorative. Depuis 2006, son ouverture au public en a fait un lieu de balade et de réflexion sur l’héritage colonial français.
Avis
Veuillez vous connecter pour poster un avis