Frise chronologique
1865
Découverte du gisement
Découverte du gisement
1865 (≈ 1865)
Jean-André Poumarède identifie le phosphate à Bach.
1867
Première alerte officielle
Première alerte officielle
1867 (≈ 1867)
Lettre au préfet sur l’importance agricole et paléontologique.
années 1870
Apogée de l’exploitation
Apogée de l’exploitation
années 1870 (≈ 1870)
161 phosphatières actives dans le Quercy.
1887
Déclin des mines
Déclin des mines
1887 (≈ 1887)
112 phosphatières ferment cette année-là.
1902
Fin de l’exploitation locale
Fin de l’exploitation locale
1902 (≈ 1902)
Seules deux mines restent en activité.
1992
Création de l’association de valorisation
Création de l’association de valorisation
1992 (≈ 1992)
Début de la réhabilitation du site.
10 décembre 1998
Classement monument historique
Classement monument historique
10 décembre 1998 (≈ 1998)
Protection officielle du site minier.
juin 2015
Création de la réserve naturelle
Création de la réserve naturelle
juin 2015 (≈ 2015)
Protection géologique des phosphatières du Lot.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean-André Poumarède - Pharmacien, médecin et chimiste |
Découvreur du gisement en 1865. |
| Jean-Baptiste Boussingault - Scientifique et agronome |
Opposant initial à l’usage des phosphates. |
| Adolphe Bobierre - Chimiste et agronome |
Pionnier de l’étude des phosphates en agriculture. |
| Louis Dieulafait - Géologue |
Contribue à l’explication karstique des phosphatières. |
| Bernard Gèze - Géologue et historien |
Auteur d’une étude sur la ruée vers le phosphate. |
Origine et histoire
La phosphatière du Cloup d'Aural est une ancienne exploitation minière de phosphate découverte en 1865 par Jean-André Poumarède, pharmacien et chimiste. Intrigué par des débris osseux et des pierres inhabituelles dans un champ près de Bach, il analyse des échantillons et y détecte une teneur exceptionnelle en phosphate tricalcique (70 à 80 %). En 1867, il alerte le préfet de Tarn-et-Garonne sur l’importance agricole et paléontologique de cette découverte, marquant le début de l’exploitation systématique des gisements de phosphate dans le Quercy.
L’exploitation des phosphatières connaît un essor fulgurant dans les années 1870, avec plus de 160 sites en activité entre Cahors, Figeac, Gaillac et Montauban. Ces mines, surnommées « trous à phosphates », produisent 30 000 tonnes de minerai annuellement, valorisé à un million de francs. Cependant, dès 1887, les gisements s’épuisent et la découverte de phosphates en Afrique du Nord (Tunisie en 1899, Maroc) rend l’exploitation locale non compétitive. En 1902, seules deux phosphatières restent actives, à Cajarc et Saint-Martin-Labouval.
Le site du Cloup d’Aural se distingue par sa richesse paléontologique : plus de 600 espèces animales fossiles, datant de l’ère tertiaire (entre -50 et -20 millions d’années), y ont été identifiées. Ces fossiles, dont des guêpes parasitoïdes Xenomorphia découvertes en 2018, ont servi de référence pour les faunes européennes. Après des décennies d’abandon et de pillages, le site est protégé par la création de la réserve naturelle nationale d’intérêt géologique du Lot en 2015. Classé monument historique en 1998, il est aujourd’hui valorisé par l’association Les Phosphatières du Quercy et attire 30 000 visiteurs annuels.
L’origine géologique des phosphatières résulte de phénomènes karstiques. Il y a 170 millions d’années, une mer tropicale recouvre le Quercy, déposant des boues carbonatées qui formeront plus tard les calcaires des Causses. Après le retrait de la mer (-70 millions d’années), l’érosion et les pluies acides dissoudront les carbonates, créant des cavités comblées par des argiles phosphatées entre -50 et -20 millions d’années. Les fossiles s’y sont accumulés, préservés dans ces poches naturelles. Les théories sur leur formation ont évolué, passant d’une hypothèse hydrothermale à une explication karstique, confirmée par des géologues comme Louis Dieulafait et Bernard Gèze.
L’exploitation des phosphatières a profondément marqué le paysage et l’économie locale. Dans les années 1880, une « fièvre du phosphate » s’empare du Quercy, attirant des centaines de travailleurs. Cependant, l’épuisement rapide des gisements et la concurrence nord-africaine entraînent un déclin brutal. Les mines abandonnées deviennent des décharges avant d’être réhabilitées pour leur valeur scientifique. Depuis 2000, le site du Cloup d’Aural, aménagé pour le public, couple visite minière et découverte paléontologique, offrant un témoignage unique de l’histoire géologique et industrielle de la région.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Ouverture : Conditions de visites sur le site officiel ci-dessus