Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Sanatorium Martel de Janville en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Sanatorium Martel de Janville

    280 Route de Martel de Janville
    74190 Passy
Sanatorium Martel de Janville
Sanatorium Martel de Janville
Sanatorium Martel de Janville
Sanatorium Martel de Janville
Sanatorium Martel de Janville
Sanatorium Martel de Janville
Sanatorium Martel de Janville
Crédit photo : Pmau - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1932
Commande du sanatorium
1937
Inauguration du bâtiment
4 décembre 1943
Crash d’un hélicoptère allemand
2006
Désaffectation médicale
2008
Inscription aux monuments historiques
2013
Reconversion en logements
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le sanatorium, intérieur et extérieur, ainsi que le parc qui l'entoure (cad. B 1753, 1754, 1758) : inscription par arrêté du 15 mai 2008

Personnages clés

Pol Abraham - Architecte Co-concepteur du sanatorium avec Le Même.
Henry Jacques Le Même - Architecte Auteur du projet aux côtés d’Abraham.
Comtesse de Martel - Mécène Donatrice à l’origine de la construction.
Jean Prouvé - Designer Créateur du mobilier des chambres.
Jules Leleu - Designer Collaborateur de Prouvé pour le mobilier.
Oberleutnant Brennecke - Pilote allemand Victime du crash de 1943.

Origine et histoire

Le sanatorium Martel de Janville, situé à Passy en Haute-Savoie, est le dernier établissement construit par les architectes Pol Abraham (1891-1966) et Henry Jacques Le Même (1897-1997) pour l’Association des villages sanatoriums de haute altitude (AVSHA). Commandé en 1932 grâce à un don de la comtesse de Martel, il fut inauguré en 1937 après des interruptions dues à des difficultés financières et politiques. Ce bâtiment, emblématique de l’architecture sanatoriale française, intègre les innovations développées pour d’autres sanatoriums comme celui du Roc-des-Fiz (1929) ou de Guébriant (1931).

Le sanatorium se distingue par sa concentration de services dans un bâtiment unique, avec 170 chambres individuelles équipées de mobilier conçu par Jean Prouvé et Jules Leleu. Destiné aux officiers et sous-officiers atteints de tuberculose, il adopte un plan asymétrique avec trois ailes articulées autour d’un axe double et d’une cheminée conique. Son architecture, mêlant formes rectilignes et courbes, reflète une rationalisation des soins et une rupture avec les modèles symétriques traditionnels.

Un accident d’hélicoptère militaire allemand, survenu le 4 décembre 1943 près du sanatorium, reste mystérieux. L’appareil, un Focke-Achgelis Fa 223, s’écrasa, tuant ses deux occupants. Deux hypothèses persistent : une mission de secours pour des alpinistes disparus ou un transport de matériel lié aux V2 vers une soufflerie du Mont-Lachat. L’épave fut récupérée en 1944.

Désaffecté en 2006 après une reconversion en centre médical pour personnes âgées, le sanatorium fut inscrit aux monuments historiques en 2008. Reconverti en logements en 2013, il a retrouvé sa couleur orange d’origine. Son architecture préfigure les hôpitaux modernes, avec un empilement vertical des chambres et un plateau médical embryonnaire, marquant une transition vers une organisation plus rationnelle des soins.

Le sanatorium illustre aussi l’évolution des pratiques thérapeutiques, passant des galeries collectives de cure à des cellules individuelles modulables. Ce modèle, rompt avec l’horizontalité traditionnelle des sanatoriums, symbolisant un contrôle social et médical des patients. L’ensemble, incluant parc et bâtiments annexes, témoigne d’une architecture alpine adaptée aux besoins sanitaires de l’époque.

Liens externes