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Chapelle Saint-Gengoult à Larochemillay dans la Nièvre

Nièvre

Chapelle Saint-Gengoult

    268 Saint-Gengoult
    58370 Larochemillay

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Première mention toponymique
1240
Donation d'Hugues de Ternant
1619
Cession du patronage
1633
Travaux attestés
1790-1794
Rattachement à Larochemillay
1998
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle, en totalité (cad. C 172) : inscription par arrêté du 11 septembre 1998

Personnages clés

Hugues de Ternant - Chevalier et donateur Lègue douze deniers en 1240.
Abbé Baudiau - Historien local (XIXe) Décrit l'édifice dans *Le Morvand* (1854).
Lucien Gueneau - Folkloriste et auteur Documente pèlerinages et légendes en 1903.
Jean Drouillet - Folkloriste Évoque les offrandes de laine pour le bétail.
Famille de Rivière - Propriétaires actuels Possède la chapelle depuis le XXe siècle.

Origine et histoire

La chapelle Saint-Gengoult, aussi appelée Saint-Gengoux, est une ancienne église paroissiale romane construite au XIIe siècle dans le hameau de Saint-Gengoult, sur la commune de Larochemillay (Nièvre). Elle dépendait alors de l'archiprêtré de Luzy et du diocèse d'Autun, avec une première mention toponymique (Sanctus Jangulphus) attestée dès le XIe siècle. Le chevalier Hugues de Ternant y légua douze deniers en 1240, selon l'abbé Baudiau. De cette époque subsistent la moitié de la nef, ses baies et le chœur, marqué par des pilastres cannelés inspirés de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun.

Jusqu’à la Révolution, la chapelle fut le centre d’une paroisse autonome, avant d’être rattachée à Larochemillay entre 1790 et 1794. Elle devint alors un lieu de pèlerinage populaire le 11 mai, jour de la fête de saint Gengoult, invoqué pour les maux des yeux, des jambes et la protection du bétail. Les offrandes (laine, cire, avoine) étaient déposées sur l’autel, comme le décrit Lucien Gueneau en 1903. Au XIXe siècle, elle abritait une statuette en bois de « la Sainte », femme infidèle légendaire amputée d’un bras, aujourd’hui disparue.

L’édifice, long de 20 mètres, présente un plan rectangulaire avec un chevet plat et une abside voûtée en cul-de-four. La nef, partiellement effondrée côté ouest, laisse place à une terrasse. Le chœur roman, désaxé, conserve des chapiteaux végétaux, tandis que la façade ouest arbore une porte cintrée surmontée d’un oculus. À proximité, une fontaine miraculeuse, aujourd’hui réduite à un puits maçonné, est liée à la légende de saint Gengoult : sa femme, accusée d’infidélité, y aurait perdu un bras en jurant faux sur l’eau sacrée.

La chapelle fut inscrite aux monuments historiques en 1998. Propriété privée de la famille de Rivière depuis le XXe siècle, elle sert occasionnellement de lieu sépulcral ou pour des cérémonies. Son mobilier se limite à un autel et un confessionnal, les autres éléments ayant disparu. Les légendes locales, comme celle du « grand livre » des maris trompés caché derrière l’autel, témoignent de son ancrage culturel dans le Morvan.

Architecturalement, l’édifice mêle pierre locale et ardoise pour la toiture. Le clocher, sobre et bas, domine une nef unique charpentée, prolongée par un avant-chœur voûté d’ogives en bois. Les contreforts à couronnement taluté et les fenêtres en plein cintre soulignent son style roman. Une inscription « ACHEVÉ 1633 » sur une pierre d’angle rappelle des travaux postérieurs à sa construction médiévale.

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