Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Domaine de Villèle

Domaine de Villèle

    2 Rue Mahatma Gandhi
    97435 Saint-Paul
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Domaine de Villèle
Crédit photo : Matthieu Sontag - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1770
Fondation de l'habitation Desbassayns
1788
Construction de la maison principale
1822
Modernisation de l'usine sucrière
1841-1843
Construction de la chapelle Pointue
1848
Abolition définitive de l'esclavage
1974
Création du musée historique de Villèle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parties bâties et non bâties du domaine, en totalité, à l'exclusion du pavillon de gardien, telles que cernées de rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. DM 0002, 0490, 0031) : classement par arrêté du 19 décembre 2019

Personnages clés

Henri-Paulin Panon Desbassayns - Fondateur du domaine et officier créole Construisit la maison principale en 1788
Marie Anne Thérèse Ombline Gonneau - Épouse de Desbassayns et riche héritière Cofondatrice de l’habitation par son apport foncier
Madame Desbassayns (veuve) - Propriétaire et modernisatrice du domaine Fit construire l’usine sucrière (1822) et la chapelle
Charles-André Desbassayns - Fils et administrateur du domaine Dirigea l’exploitation au XIXe siècle
Joseph Martial Wetzell - Ingénieur métropolisain Modernisa l’usine sucrière en 1831
Joseph de Villèle - Gendre de Madame Desbassayns Figure politique conservatrice et esclavagiste

Origine et histoire

Le domaine de Villèle, initialement appelé habitation Desbassayns, fut fondé en 1770 par Henri-Paulin Panon Desbassayns, officier créole, et son épouse Marie Anne Thérèse Ombline Gonneau, héritière terrienne. Leur mariage unit 190 hectares et 80 esclaves, marquant le début d’une exploitation agricole qui s’étendra à 750 hectares et 417 esclaves en 1797. La maison principale, construite en 1788, s’inspire de l’architecture indienne de Pondichéry, reflétant le passage de Desbassayns dans les comptoirs français.

Au début du XIXe siècle, face à l’abolition de la traite négrière (1817) et à la concurrence du sucre de betterave, Madame Desbassayns modernise l’exploitation en édifiant une usine sucrière en 1822, dotée d’un moulin à vapeur. Son fils Charles-André en prend la direction. La plantation, désignée comme « usine modèle » en 1831, illustre l’industrialisation de la production sucrière à La Réunion. Malgré cela, la main-d’œuvre servile reste centrale, avec 462 esclaves en 1829.

La peur des révoltes (1809 à Saint-Paul, 1811 à Saint-Leu) pousse Madame Desbassayns à accélérer l’évangélisation des esclaves, aboutissant à la construction de la chapelle Pointue (1841-1843). Cette stratégie visait à stabiliser l’ordre social avant l’abolition définitive de l’esclavage en 1848. Le domaine, symbole du conservatisme colonial, accueille alors élites politiques et intellectuelles, tout en restant un bastion esclavagiste jusqu’à sa fin.

Après 1848, le domaine décline avec la crise sucrière. L’usine ferme en 1908, et la propriété passe entre les mains de la famille de Villèle (par mariage en 1846), avant d’être cédée en 1960. En 1974, le conseil général de La Réunion y crée le musée historique de Villèle, mettant en valeur son patrimoine architectural et mémoriel, notamment l’hôpital des esclaves transformé en mémorial en 1996. Le site est classé Monument historique en 2019.

Le domaine comprend plusieurs éléments remarquables : la maison des maîtres (style « malabar »), la cuisine séparée, l’hôpital des esclaves avec son mémorial, les ruines de l’usine sucrière, et la chapelle Pointue, classée dès 1970. Cette dernière, dédiée à l’évangélisation des esclaves, abrite aujourd’hui des œuvres commémoratives, comme la sculpture Trois frères (2018). Le site illustre ainsi l’histoire complexe de l’esclavage, de la colonisation et de l’économie de plantation à La Réunion.

Liens externes