L’église Notre-Dame-et-Saint-Fiacre de Neuilly-sous-Clermont, située dans l’Oise, succède à une chapelle du milieu du XIIe siècle, dont la façade a été conservée. Fondée en paroisse au XIIIe siècle, elle voit son chœur-halle gothique à trois vaisseaux construit à cette époque, avec des fenêtres partiellement rayonnantes. La nef, détruite pendant la guerre de Cent Ans, est reconstruite et voûtée d’ogives dans un style flamboyant entre 1470 et 1540, nécessitant des tirants en fer pour soutenir les voûtes. Le clocher, surmonté d’une élégante flèche octogonale, domine l’édifice.
L’église est classée monument historique le 28 août 1933 pour son architecture hybride, mêlant influences romanes et gothiques. Un prieuré-cure, reconstruit en 1769, y était attaché jusqu’à la Révolution française. Le sol marécageux a empêché la construction d’un bas-côté sud, expliquant l’asymétrie de l’édifice. Les arcs-boutants massifs au sud, rares pour une église sans bas-côté, et les voûtes bombées de la nef reflètent les adaptations structurelles successives. Le mobilier inclut une Vierge de pitié du XVe–XVIe siècle classée en 2009, aujourd’hui absente de l’église.
Le chœur-halle, caractéristique de la moyenne vallée de l’Oise, fusionne chœur et collatéraux sous une même hauteur de voûte. Les supports intérieurs, combinant colonnes et colonnettes à chapiteaux, révèlent des réfections partielles, notamment dans le collatéral sud. Les fenêtres du chœur, de styles rayonnant et lancé simple, témoignent d’une construction échelonnée au XIIIe siècle. La chapelle nord, voûtée en berceau brisé, et la sacristie moderne complètent l’ensemble. L’église, initialement dédiée à la Vierge Marie et à saint Fiacre, patron des jardiniers, dépendait du diocèse de Beauvais avant son rattachement temporaire à Amiens (1801–1822).
Les sources historiques restent limitées : seuls Louis Graves (1835) et Jules Crépin (1906) ont étudié l’édifice, avec des descriptions parfois imprécises. Graves note une façade « ogivale tertiaire » et un chœur « à rosaces », tandis que Crépin évoque un sol marécageux expliquant l’absence de bas-côté sud. Janny Noblécourt (2013) apporte des illustrations mais peu d’analyses nouvelles. L’église, aujourd’hui affiliée à la paroisse Saint-Martin du Liancourtois, accueille des messes dominicales irrégulières. Son mobilier, bien que modeste, inclut une Vierge à l’Enfant du XVIe siècle et un cathèdre gothique flamboyant d’origine incertaine.
L’architecture extérieure se distingue par des arcs-boutants atypiques au sud, reposant directement sur le sol faute de bas-côté. Le clocher, peu élevé, est compensé par une flèche en charpente de 31,75 m. Les contreforts de la façade ouest, peu saillants avec des retraites légères, et les fenêtres bouchées au-dessus du portail reflètent l’évolution de la nef primitive. À l’intérieur, les piliers ondulés de la nef, typiques du flamboyant, contrastent avec les chapiteaux à crochets du chœur. Les doubleaux surhaussés et les voûtes bombées, rares dans la région après le XIIe siècle, soulignent la complexité constructive de l’édifice.
Le contexte local explique certaines particularités : la moyenne vallée de l’Oise compte plusieurs chœurs-halles (Nogent-sur-Oise, Villers-Saint-Paul), souvent associés à des sols instables. L’absence de transept distinct et le chevet plat sont récurrents dans cette zone. Les comparaisons avec les églises voisines, comme Saint-Martin-aux-Bois pour les fenêtres ou Cambronne-lès-Clermont pour les profils d’ogives, suggèrent des échanges entre ateliers régionaux. Malgré son classement, l’église reste méconnue, son histoire reposant sur des hypothèses architecturales plus que sur des archives.
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