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Église Notre-Dame-de-la-Visitation en Savoie

Savoie

Église Notre-Dame-de-la-Visitation


    Le Petit-Bornand-les-Glières
Sylvie Clerc

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1553
Construction majeure de l'édifice
1597
Baptême d'Adrienne Fichet
1668
Incendie de la cure
1794
Destruction du clocher
1880
Reconstruction du clocher
1904
Classement du tableau
1957
Pose des vitraux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Louis de Rye - Évêque de Genève (1544-1550) Délégua ses fonctions au curé local
Guillaume Furbit - Curé et évêque in partibus Docteur en Sorbonne, actif vers 1546-1550
Saint François de Sales - Curé de 1597 à 1598 Célébra le baptême d'Adrienne Fichet
Antoine Louis Albitte - Conventionnel Ordonna la destruction du clocher en 1794
Abbé Jean Truffy - Curé et résistant (1936-1958) Aumônier du maquis des Glières
Claude Gaillard - Donateur du tableau Rapporta la copie de Rome au XVIIIe siècle

Origine et histoire

L’église Notre-Dame-de-la-Visitation, située au Petit-Bornand-les-Glières en Haute-Savoie, est un édifice catholique dont les fondations remontent au XIIIe siècle. La majeure partie de la construction actuelle date du XVIe siècle (vers 1553), comme l’atteste une inscription sur la façade. L’incendie de la cure en 1668 détruisit les archives, effaçant une partie de son histoire primitive. Le bâtiment, régulièrement orienté, présente un chœur gothique antérieur au XVe siècle, éclairé par des baies en lancette et un oculus. La nef, initialement unique, fut élargie par des collatéraux au XIXe siècle, créant une impression de déséquilibre structurel.

Le portail, exécuté en 1553 sous l’impulsion de Jacques de Savoie-Nemours, fils de Philippe de Genevois-Nemours, arbore un style influencé par le Piémont, avec des moulurations prismatiques caractéristiques. Le clocher, abattu en 1794 sur ordre du conventionnel Antoine Louis Albitte, fut reconstruit en 1880. Les vitraux, datés de 1957, sont actuellement en restauration par un Meilleur Ouvrier de France. L’abside abrite une fresque de 1925 représentant saint François de Sales, tandis qu’une chapelle latérale conserve une copie d’un tableau de Dirck van Baburen, élève du Caravage, classée depuis 1904.

L’église fut un lieu central dans la vie communautaire, marqué par des coutumes locales comme la « complainte » de Pâques, où des jeunes collectaient des œufs en chantant, ou les fêtes de la Nativité, ponctuées de danses et de jeux. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’abbé Jean Truffy, curé de 1936 à 1958, joua un rôle clé comme intermédiaire entre la population, les occupants et le maquis des Glières. Déporté à Dachau, il fut honoré pour son engagement dans la Résistance.

Les fonts baptismaux en granit, datés de 1553-1554, témoignent de l’histoire religieuse locale : ils virent le baptême d’Adrienne Fichet, célébré par saint François de Sales en 1597, avant qu’elle ne rejoigne l’Ordre de la Visitation. Le bâtiment, remanié à plusieurs reprises (1670, 1804, 1886), conserve des éléments architecturaux hétéroclites, reflétant les évolutions stylistiques et les besoins liturgiques au fil des siècles. Les cloches, fondues en 1747 et 1811, portent les noms de leurs parrains et marraines, liés à l’histoire genevoise et savoyarde.

L’église illustre aussi les tensions sociales du XIXe siècle, décrites par le curé Jourdil : appauvrissement des familles, émigration vers Lyon ou Paris, et transformation des mœurs (fréquentation des cabarets, déclin des offrandes). Les fêtes religieuses, comme l’Assomption ou la Nativité, étaient l’occasion de rassemblements festifs, parfois critiqués pour leurs excès. Aujourd’hui, l’édifice reste un symbole du patrimoine religieux et historique de la vallée du Borne, entre mémoire résistante et traditions populaires.

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