Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Point d’appui allemand LGS082 à Torreilles dans les Pyrénées-Orientales

Pyrénées-Orientales

Point d’appui allemand LGS082


    66440 Torreilles

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1942 (novembre)
Occupation de la zone libre
1943-1944
Construction du site
1944 (août)
Libération des Pyrénées-Orientales
2019 (10 décembre)
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le point d'appui allemand Lgs082, à savoir 14 constructions : 1 Ringstand Bf236, 4 Ringstand Bf58c, 5 Bf52a, 3 citernes, 1 casemate R612 (appelée communément blockhaus de Toreilles), en totalité, y compris son sol d'assiette, tel que délimité en rouge sur les plans annexés à l'arrêté, sis lieu-dit Camps de la Ribera (cad. AV 42, 43 et partiellement sur le Domaine maritime public) : inscription par arrêté du 10 décembre 2019

Personnages clés

Guillem Castellvi - Spécialiste en bunker archéologie Auteur de l’inventaire des fortifications allemandes.

Origine et histoire

Le point d’appui allemand LGS082 est un site militaire construit entre 1943 et 1944 sur la plage de Torreilles, dans les Pyrénées-Orientales. Il fait partie du Mur de la Méditerranée, un dispositif défensif destiné à empêcher un débarquement allié. Le site comprend une casemate R612 (appelée blockhaus de Torreilles), 13 autres bâtiments (abris, citernes, dépôts de munitions), et pouvait accueillir 50 soldats. Il est le premier blockhaus méditerranéen classé Monument Historique (2019), grâce à son état de conservation exceptionnel.

Construit par des habitants de Torreilles réquisitionnés dans le cadre du STO (Service du Travail Obligatoire), le site illustre l’occupation allemande de la zone « libre » après novembre 1942 (plan Anton II). Contrairement à d’autres ouvrages du littoral, il a échappé à la destruction post-guerre et à l’urbanisation touristique des années 1960. Une étude de Guillem Castellvi, spécialiste des fortifications allemandes, a permis son inventaire et sa protection. La casemate R612, équipée d’un camouflage de galets incrustés dans le béton, couvrait l’accès sud du point d’appui.

Le Mur de la Méditerranée s’étendait de Cerbère au Barcarès, avec des batteries côtières (Port-Vendres, Le Barcarès) et des points d’appui comme celui de Torreilles. Ces fortifications, standardisées mais adaptées au terrain sableux, visaient à ralentir un débarquement. Dans les Pyrénées-Orientales, environ 150 points d’appui furent érigés entre 1942 et 1944, souvent par des entreprises locales ou l’Organisation Todt. Après la Libération (août 1944), la plupart furent détruits, mais 250 bunkers subsistent aujourd’hui.

Le site de Torreilles, situé à l’embouchure de l’Agly entre mer et dunes, comprend deux parcelles (AV 42 et 43), partiellement enfouies. Ses 14 constructions incluent des Ringstande (postes de tir), des abris pour soldats (Bf52a), et des citernes. Les abris arrière servaient au stockage des munitions et à la protection du personnel. Le blockhaus, avec ses murs maçonnés et son toit incrusté de galets, est représentatif de l’architecture militaire allemande en zone côtière.

Classé Monument Historique en décembre 2019, le site doit être rénové pour accueillir un centre de mémoire et une galerie d’art. Cette protection s’inscrit dans une volonté de préservation du patrimoine de la Seconde Guerre mondiale, souvent menacé par l’érosion et l’urbanisation. Le point d’appui LGS082 reste le seul du littoral catalan à conserver une casemate pour canon, témoignant de l’histoire défensive du sud de la France pendant l’Occupation.

Liens externes