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Manoir de Prades dans le Lot-et-Garonne

Lot-et-Garonne

Manoir de Prades

    72 Allée du Manoir
    47240 Lafox

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1521
Début de la construction
1594
Ralliement à Henri IV
1665
Modification architecturale
1685
Transmission aux Daurée
5 mars 1959
Classement monument historique
2001
Début des restaurations
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Martial de Cortète (vers 1450–après 1521) - Juge et seigneur fondateur Acquiert le territoire en 1489, ancêtre de la lignée.
Bernard de Cortète (vers 1490–1542) - Constructeur du manoir Lance les travaux vers 1521.
François de Cortète (1586–1667) - Poète et militaire Auteur de pastorales en dialecte agenais.
Jean-Jacques II de Cortète (–1685) - Dernier Cortète propriétaire Vend des terres pour maintenir le domaine.
Bernard Daurée (1656–1733) - Nouveau seigneur en 1685 Lieutenant général au présidial d’Agen.
Brigitte de Larrard - Propriétaire actuelle Descendante de Bernard de Cortète, restauratrice depuis 2001.

Origine et histoire

Le manoir de Prades, situé à Lafox en Lot-et-Garonne, est un château de plaine édifié au début du XVIe siècle par la famille de Cortète. Il se dresse sur une éminence entre les vallées de la Garonne et de la Séoune, combinant une fonction défensive (enceinte crénelée, meurtrières) et un logis seigneurial orné de tourelles. La seigneurie appartient initialement à Martial de Cortète (vers 1450–après 1521), juriste influent et lieutenant du sénéchal d’Agenais, qui hérite du territoire en 1489. Son fils, Bernard de Cortète, lance la construction du manoir vers 1521, comme l’atteste une procédure judiciaire de 1528.

La lignée des Cortète, marquée par des carrières militaires et judiciaires, occupe le manoir jusqu’au XVIIe siècle. François de Cortète (1586–1667), poète et soldat, y réside et modifie partiellement la structure en 1665 après un affaissement des fondations, supprimant un étage et ajoutant des ailes en équerre. Son fils, Jean-Jacques II, vend progressivement des terres pour maintenir le domaine, avant que la famille ne cède le manoir aux Daurée par mariage en 1685. Ces derniers, comme Bernard Daurée (1656–1733), lieutenant général au présidial d’Agen, préservent le site jusqu’au XXe siècle.

Le manoir traverse la Révolution sans dommage, puis est transmis par héritage féminin jusqu’à Brigitte de Larrard, descendante directe de Bernard de Cortète. Classé monument historique en 1959, il bénéficie depuis 2001 de restaurations majeures (DRAC, département), supervisées par l’architecte Axel Letellier. Son architecture mêle un logis rectangulaire à tourelles, une tour pentagonale abritant un escalier à vis, et une cour intérieure ceinte de bâtiments de réception. La chapelle, visitée par l’évêque en 1667, fut interdite pour son état dégradé.

Les Cortète, figures locales, illustrent l’ascension sociale par le droit et les armes : Martial, docteur en droit et juge, son petit-fils François, lieutenant criminel, ou Jean-Jacques Ier, capitaine ligueur puis fidèle d’Henri IV. Leurs alliances (Durfort, Caumont) et leur engagement dans les conflits religieux (Ligue, guerre de Trente Ans) reflètent les tensions de l’époque. Le manoir, symbole de leur puissance, devient aussi un foyer culturel avec François de Cortète, poète en dialecte agenais, célébré par Godolin et Régnier.

L’histoire du domaine est marquée par des adaptations architecturales (arasement du second étage en 1665) et des litiges, comme celui de la litre funéraire (1700) opposant les héritiers Cortète au curé de Saint-Christophe. Les Daurée, militaires (croix de Saint-Louis, bataille de Fontenoy), perpétuent la vocation seigneuriale jusqu’au XIXe siècle. Aujourd’hui, le manoir, toujours propriété privée, témoigne de cinq siècles d’histoire locale, mêlant patrimoine bâti et mémoire familiale.

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