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Château de Ligones dans le Cantal

Cantal

Château de Ligones

    3 Le Ligones
    15320 Ruynes-en-Margeride

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1606
Don à Louis XIII
1661
Abandon à Jean Ribeyre
1683
Achat par Claude de Chazerat
1722
Mort de Claude de Chazerat
1785
Achèvement du parc
1794
Destruction du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Claude de Chazerat (1636-1722) - Ingénieur militaire et propriétaire Acheteur et transformateur du domaine.
Antoine-François de Chazerat (1695-1754) - Fils de Claude, président Poursuivit les travaux du château.
Jean Ribeyre - Ancien propriétaire Vendit Ligones en 1683.
Antoine Matthieu Le Carpentier - Architecte attribué Auteur présumé des plans.
Jacques-Antoine Dulaure - Historien local A décrit le château en 1784.
Charles-Antoine-Claude de Chazerat - Dernier propriétaire Émigré, causa la saisie.

Origine et histoire

Le château de Ligones, situé à Lezoux (Puy-de-Dôme) en Auvergne-Rhône-Alpes, fut construit sous le règne de Louis XIV dans un parc de 115 hectares. Inspiré du château de Marly, il présentait un plan carré centré sur un salon circulaire coiffé d’une coupole, entouré de jardins à la française et de dépendances somptueuses. Sa construction en lave de Volvic, ses décors intérieurs en stucs et ses jardins ornés de bassins en faisaient un chef-d’œuvre éphémère de l’architecture auvergnate.

Acquis en 1683 par Claude de Chazerat, ingénieur militaire, le domaine fut agrandi et embelli par sa famille jusqu’à la Révolution. Le château, symbole de la puissance des Chazerat, fut démoli en 1794 sur ordre révolutionnaire, ses matériaux vendus pour financer un local public. Seule une partie du parc, « l’Île », subsiste aujourd’hui comme propriété municipale de Lezoux, témoignant de son passé fastueux.

Le parc de Ligones incluait des éléments remarquables comme une grotte tapissée d’améthystes et de mica, décrite comme un lieu de fêtes nocturnes éblouissantes. Les jardins, conçus selon un plan géométrique avec parterres de broderies et pièces d’eau, furent achevés en 1785. Leur aménagement reflétait l’influence des jardins à l’anglaise, contrastant avec la rigueur classique du château.

L’intérieur du château, organisé autour d’un grand salon central, comprenait des appartements capables d’accueillir jusqu’à 24 personnes. Les décors mêlaient peintures, stucs et tapisseries, avec des salles dédiées aux saisons, comme un salon d’été orné de colonnes corinthiennes. L’utilisation de la lave de Volvic, matériau local, conférait au bâtiment une couleur sombre unique, tandis que les communs étaient badigeonnés de blanc.

La destruction de Ligones en 1794 marqua la fin d’un siècle de splendeur. Le domaine, morcelé et vendu comme bien national, disparut presque entièrement, à l’exception de « l’Île », un espace boisé et humide transformé en parc paysager. Les archives, incluant des plans et descriptions du XVIIIe siècle, permettent aujourd’hui de reconstituer virtuellement ce « Versailles auvergnat », symbole d’un patrimoine architectural perdu.

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