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Église Saint-Léger de Molliens-au-Bois dans la Somme

Somme

Église Saint-Léger de Molliens-au-Bois

    13 Bis Rue Neuve
    80260 Molliens-au-Bois

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1870–1872
Construction de l'église
1875
Consécration solennelle
1978
Restauration partielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Marie-Colette-Amélie Poujol de Molliens - Châtelaine et mécène Finança la construction de l’église.
Victor Delefortrie - Architecte en chef Dirigea les travaux avec son fils.
Paul Delefortrie - Architecte associé Collabora à la conception néo-gothique.
Auguste Hesse - Sculpteur amiénois Auteur des chapiteaux floraux.

Origine et histoire

L’église Saint-Léger de Molliens-au-Bois, située dans le département de la Somme au nord d’Amiens, fut édifiée entre 1870 et 1872 dans un style néo-gothique marqué. Son financement fut assuré par Marie-Colette-Amélie Poujol de Molliens, châtelaine du village, tandis que sa conception fut confiée à l’architecte Victor Delefortrie et à son fils Paul Delefortrie. L’édifice, solennellement consacré par l’évêque d’Amiens en 1875, se distingue par son plan en croix latine, son clocher-porche surmonté d’une flèche octogonale, et ses façades en briques reposant sur un soubassement de grès. Les détails architecturaux, comme les chapiteaux floraux sculptés par Auguste Hesse ou les voûtes en briques imitant la pierre, témoignent d’un savoir-faire artisanal remarquable pour l’époque.

En 1978, l’église, alors fortement dégradée, subit une restauration partielle qui sacrifia son chœur et son transept, ne conservant que la nef pour les offices religieux. Ce choix reflète les contraintes budgétaires et les priorités cultuelles de l’époque, mais priva l’édifice d’une partie de sa structure d’origine. Les vitraux en verre blanc, les rosaces à six lobes, et les sacristies reliées par une galerie extérieure comptent parmi les éléments préservés, illustrant l’équilibre entre fonctionnalité et esthétique néo-gothique.

L’église abrite plusieurs objets classés monuments historiques, dont une statue de Notre-Dame-de-Bonne-Mort en craie polychrome (XIVe siècle), un groupe sculpté de saint Roch et son chien (XVIIIe siècle), et un Christ en croix datant de la charnière XVIe–XVIIe siècles. Ces pièces, associées à l’orgue de la tribune du clocher-porche, soulignent le rôle spirituel et culturel de l’édifice dans la communauté locale, malgré les altérations subies au fil du temps.

La construction en briques, typique de la région, et l’usage de motifs floraux variés pour les chapiteaux révèlent une influence des courants architecturaux du XIXe siècle, mêlant innovation technique et référence au passé médiéval. Le portail ogival, surmonté d’un gable et d’une baie ornée de meneaux, ainsi que les clés de voûte ouvragées, renforcent cette dualité entre tradition et modernité, caractéristique des édifices religieux de l’ère industrielle en Picardie.

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