Construction du château actuel 1610-1616 (≈ 1613)
Jean de Sève édifie le château sur une motte féodale.
1632-1633
Réalisation des fresques
Réalisation des fresques 1632-1633 (≈ 1633)
Pietro Ricchi peint six salles du château.
1793
Incendie révolutionnaire
Incendie révolutionnaire 1793 (≈ 1793)
Dégâts aux toitures et perte d’archives.
1983
Classement d’office
Classement d’office 1983 (≈ 1983)
Protection par l’État malgré l’opposition du propriétaire.
1998-2003
Campagne de restauration
Campagne de restauration 1998-2003 (≈ 2001)
Travaux menés par Simonet-Lenglart et Almendros.
2020
Mise en vente
Mise en vente 2020 (≈ 2020)
Le château est proposé à la vente.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble du château et son décor intérieur ; la terrasse au nord et le sol de la cour ; les façades et toitures des communs ; les douves et leurs deux ponts ; le jardin en terrasse (cad. A 436, 437) : classement par décret du 11 juillet 1985 - La ferme et le parc (cad. A 433 à 435, 438 à 446, 448, 449) : inscription par arrêté du 28 août 2001
Personnages clés
Jean de Sève - Commanditaire et constructeur
Receveur des finances, bâtit le château (1610-1616).
Marc Simonet-Lenglart et Pierre-Albert Almendros - Restaurateurs (1998-2003)
Sauvent et restaurent le château.
Origine et histoire
Le château de Fléchères, situé à Fareins dans l’Ain, est construit entre 1610 et 1616 par Jean de Sève, receveur des finances de Lyon, sur l’emplacement d’une ancienne maison forte médiévale défendant un gué sur la Saône. Ce projet ambitieux, réalisé en une seule campagne, intègre des éléments défensifs comme des douves profondes et un pont-levis, tout en adoptant un style résidentiel baroque. Le château abrite secrètement un temple protestant au deuxième étage, autorisé grâce au statut de haute justice de la seigneurie, reflétant les convictions calvinistes de son commanditaire.
Les fresques intérieures, peintes entre 1632 et 1633 par Pietro Ricchi pour Mathieu de Sève, fils de Jean, représentent des scènes mythologiques, des chasses et des allégories protestantes, comme la chambre de la Parade évoquant l’entrée d’Henri IV à Lyon. Recouvertes au fil des siècles, ces œuvres ont été restaurées à la fin du XXe siècle, révélant un témoignage unique de l’art baroque lyonnais et des symboles réformés. Le château, passé entre les mains de familles comme les Pupil de Craponne ou les Artaud de la Ferrière, échappe aux destructions révolutionnaires malgré un incendie en 1793.
Au XIXe siècle, un parc paysager est aménagé (1820), marquant la dernière grande transformation du domaine. Au XXe siècle, le château connaît des périodes troubles : racheté en 1972 par Johanny Chavel, truand lyonnais, il est le théâtre d’une fête mémorable avant d’être menacé de destruction dans les années 1980. Sauvé par un classement d’office en 1983, il est restauré entre 1998 et 2003 par Marc Simonet-Lenglart et Pierre-Albert Almendros. Depuis, le château, ouvert au public, sert aussi de décor à des films comme Les Lyonnais (2010) ou Madame de Sévigné (2023).
L’architecture du château mêle héritage médiéval (tours d’angle, douves) et innovations du XVIIe siècle, comme le logis principal à trois corps flanqués de tours, ou la chapelle castrale visitée en 1654 par l’archevêque de Lyon. Les communs, le pont de pierre et les jardins en terrasse complètent un ensemble classé monument historique en 1985, tandis que la ferme et le parc sont inscrits depuis 2001. Le système hydraulique et les traces des anciens jardins à la française témoignent de son faste passé.
Le château de Fléchères se distingue aussi par son histoire protestante : le temple caché, accessible depuis le logis, était un lieu de culte discret sous l’Ancien Régime. Les fresques de Ricchi, comme les Travaux d’Hercule (allégorie d’Henri IV protecteur des protestants), ou la cheminée sculptée de vertus théologales, soulignent cette dimension religieuse. Aujourd’hui, le domaine allie visites culturelles, tournages cinématographiques et mémoire d’un patrimoine à la fois militaire, résidentiel et spirituel.
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