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Château de Rabaud à Masseret en Corrèze

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Corrèze

Château de Rabaud

    Rabaud
    19510 Masseret
Château de Rabaud
Château de Rabaud
Château de Rabaud
Château de Rabaud
Crédit photo : Piecaso - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1er quart XVIe siècle
Construction du château
1710
Disparition de la chapelle
1854
Adjudication à Mme de Saulnier
1990
Inscription aux Monuments Historiques
2020
Restauration des échauguettes
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures (cad. ZN 51) : inscription par arrêté du 7 novembre 1990

Personnages clés

Julien Courteys - Propriétaire au XVIIe siècle Époux de Jeanne de Joyet, famille noble locale.
Bertrand Courteys - Seigneur de La Jarrige Propriétaire en 1696.
Franck Baillot d’Estivaux - Historien et propriétaire au XXe siècle A étudié la charte de 1430.
Élisabeth de Corbier - Auteure d’un dessin en 1896 Témoignage des échauguettes originales.
Prosper Roume de Joyet - Fabricant d’ornements d’église Lien avec la dévotion mariale locale.

Origine et histoire

Le château de Rabaud, situé à Masseret en Corrèze, est une maison forte rurale carrée construite au début du XVIe siècle. Ce type de construction, caractéristique du Limousin, se distingue par ses échauguettes et sa tour principale, reflétant une période de paix après la guerre de Cent Ans. Il s’inscrit dans un mouvement de construction de manoirs et châteaux dans la région, favorisé par un siècle de tranquillité relative entre la fin de la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion.

Rabaud est qualifié de repaire (ou repayrium), un terme régional désignant les maisons fortifiées proches des bourgs, distinctes des forteresses médiévales comme le castra de Masseret. Son architecture, avec un plan quadrilatère, une tour d'escalier ronde et des échauguettes, en fait un exemple représentatif des constructions limousines de l’époque. Le château et ses dépendances, incluant un pigeonnier, un puits et un four à pain, illustrent une économie rurale autarcique.

Le monument a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1990, notamment pour le protéger du tracé de l’autoroute A20, qui aurait sinon frôlé le manoir. Ses échauguettes, initialement surmontées de poivrières, ont été restaurées en 2020 grâce à un dessin de 1896, rétabliant leur silhouette d’origine. À l’intérieur, des éléments comme un plafond à la française et des poutres taillées à l’herminette témoignent de techniques de construction médiévales et renaissantes.

Historiquement, Rabaud a appartenu à plusieurs familles nobles, dont les Laplace, les Saint-Aulaire, et les Courteys, avant d’être adjugé en 1854 à Mme de Saulnier. Au XXe siècle, il fut la propriété de M. Baillot d’Estivaux, historien local, qui étudia notamment la charte de 1430 de Masseret, révélant des coutumes médiévales comme le guet nocturne assuré par le vicomte de Limoges. Une chapelle, mentionnée jusqu’en 1710, et une croix sculptée dans le grenier attestent de son héritage catholique.

Le site conserve des traces d’une occupation plus ancienne, peut-être dès le XIIIe siècle, comme le suggère un détail architectural et la mémoire locale évoquant un souterrain vers Masseret. Malgré des remaniements au XIXe siècle (agrandissement des fenêtres, redistribution des pièces), le château garde des caractéristiques médiévales, comme une porte forte et des barreaudages. Son jardin, autrefois irrigué par un système hydraulique, est aujourd’hui envahi par une ormaie rudérale, victime de la graphiose.

Rabaud incarne ainsi à la fois un patrimoine architectural limousin et un témoignage des modes de vie ruraux entre Moyen Âge et époque moderne, marqué par des adaptations successives sans altérer son identité première.

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