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Monument aux morts à Savoyeux en Haute-Saône

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
2000
1915-10-15
Blessure de René Outhenin-Chalandre
1915-11-11
Décès de René Outhenin-Chalandre
1921-09-25
Inauguration du monument
2022-12-19
Classement du monument
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le monument aux morts, en totalité, situé au croisement de la rue de la Montée et de la rue de Dampierre, assis sur une parcelle non cadastrée, contiguë à la parcelle 286 de la section AB, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 19 décembre 2022

Personnages clés

René Outhenin-Chalandre - Adjudant, 12e bataillon des chasseurs alpins Inspiration probable du monument, mort en 1915.
Marie-Louise Regad - Commanditaire du monument Épouse de Gaston Outhenin-Chalandre, offrit l'œuvre.
Albert Pasche - Sculpteur du monument Auteur de l’œuvre, formé aux Beaux-Arts.
Gaston Outhenin-Chalandre - Industriel et sénateur Père de René, mari de Marie-Louise.

Origine et histoire

Le monument aux morts de Savoyeux, inauguré le 25 septembre 1921, est une œuvre symbolique représentant un chasseur alpin blessé, accroché à un mur en ruine. Ce soldat, tenant son fusil de la main gauche, incarne la confiance et la sérénité malgré les épreuves. Une maquette du monument, conservée par les descendants de la famille Outhenin-Chalandre, laisse planer un doute : s’agit-il d’un portrait de René Outhenin-Chalandre, fils de la famille patronale locale ? L’uniforme et l’iconographie évoquent les circonstances de sa mort en 1915, durant la Grande Guerre.

Ce monument commémore les 19 habitants de Savoyeux tombés pendant le conflit. Il est commandé et offert à la commune par Marie-Louise Regad, épouse de Gaston Outhenin-Chalandre, industriel et ancien sénateur de la Haute-Saône. Leur fils, René, adjudant au 12e bataillon des chasseurs alpins, meurt le 11 novembre 1915 des suites de blessures reçues au combat. Le choix de l’emplacement, entre la cité ouvrière et le château familial, souligne le lien entre la mémoire collective et l’histoire industrielle du village.

La réalisation du monument est confiée au sculpteur Albert Pasche (1873-1947), formé aux Beaux-Arts de Besançon et Paris. Professeur et membre du Salon des artistes français, Pasche est reconnu pour des œuvres comme Ariane Abandonnée (1903) ou le Monument funéraire de Clarisse Bourdeney (1909). Le monument, classé en totalité en 2022, se dresse au croisement des rues de la Montée et de Dampierre, marquant ainsi l’histoire locale et le sacrifice des soldats de Savoyeux.

Depuis le XIXe siècle, Savoyeux est façonné par l’usine papetière de la famille Outhenin-Chalandre, fondatrice d’une cité ouvrière et propriétaire du château transformé en maison patronale. L’usine, agrandie à plusieurs reprises (1865, 1890), symbolise l’influence industrielle de la famille sur le village. Le monument aux morts, par son emplacement et son commanditaire, incarne à la fois le deuil privé d’une famille et la mémoire collective d’une communauté marquée par la guerre.

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