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Carrières de Confrécourt à Berny-Rivière dans l'Aisne

Patrimoine classé
Vestiges de la Guerre 14-18
Carrière de la Guerre 14-18
Aisne

Carrières de Confrécourt à Berny-Rivière

    Confrécourt
    02290 Berny-Rivière
Carrières de Confrécourt à Berny-Rivière
Carrières de Confrécourt à Berny-Rivière
Carrières de Confrécourt à Berny-Rivière

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
Septembre 1914
Fixation du front
Octobre-novembre 1914
Offensives françaises infructueuses
Décembre 1914
Messe de minuit peinte par Tinayre
Mars 1917
Repli sur la ligne Hindenburg
Mars 1918
Réoccupation française
Août 1918
Fin des combats à Confrécourt
1990
Classement monument historique
24 décembre 2014 et 2018
Messes du Centenaire
Avril 2023
Réouverture après travaux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Louis Tinayre - Peintre et dessinateur Auteur de *La messe de minuit à Confrécourt* (1914).
Père Doncoeur - Aumônier militaire Chapelle à son nom dans les carrières.
Claire de Villaret - Descendante de soldat Visite les graffitis familiaux en 2014 et 2018.
Jean-Paul Doncoeur - Parent du père Doncoeur Revient sur les lieux en 2018.
Marie Curie - Scientifique (radiographie mobile) Évoquée dans le film *À travers Irène* (2022).

Origine et histoire

Les carrières de Confrécourt, situées près de Vic-sur-Aisne sur la commune de Nouvron-Vingré (Hauts-de-France), sont un réseau d’anciennes exploitations souterraines de calcaire, attestées depuis le Moyen Âge. Leur technique d’extraction par « piliers tournés » assure une stabilité remarquable, permettant leur réutilisation intensive comme abris pendant la Première Guerre mondiale. Ces carrières, dont certaines remontent possiblement au XIVe siècle (reconstruction de la ferme locale après la guerre de Cent Ans), furent exploitées pour leur pierre vergelée, un matériau prisé dans la région.

En septembre 1914, le front se fige autour de Confrécourt après la bataille de la Marne, plaçant les carrières à quelques centaines de mètres des lignes allemandes. Les soldats français, notamment ceux de la 6e armée, les aménagèrent en casernes souterraines : dortoirs, cuisines, chapelles (comme celle du « père Doncoeur »), et postes médicaux y furent installés. Les graffitis laissés par les régiments (1er Zouaves, 262e RI de Lorient) et les services de santé (216e RI, 404e RI) témoignent de cette occupation quasi continue jusqu’en 1917, lorsque le repli allemand sur la ligne Hindenburg vidange temporairement les lieux.

La carrière la plus emblématique, dite « du 1er Zouaves », doit son nom au blason de ce régiment gravé à son entrée en 1916. Longue de 150 mètres, elle abrite une soixantaine de traces de soldats, dont une chapelle immortalisée par Louis Tinayre dans La messe de minuit à Confrécourt (1914), tableau exposé au musée de Soissons. Une seconde carrière, dite « de l’hôpital », servit de poste de secours et porte les emblèmes des unités médicales. Partiellement effondrée aujourd’hui, elle illustre les conditions précaires mais organisées dans lesquelles vécurent les soldats, transformant ces espaces en une micro-société militaire.

Les carrières furent réinvesties brièvement en 1918 lors de l’offensive allemande « Michael », avant de sortir définitivement de la zone de combat en août 1918. La ferme voisine, détruite pendant la guerre, n’en conserve que des soubassements. Classées monuments historiques en 1990, les carrières et leurs graffitis sont aujourd’hui gérées par l’association Soissonnais 14-18, qui y organise visites et commémorations, comme la messe du Centenaire en 2014 et 2018. Le site, fermé temporairement en 2021-2022 pour sécurité, a rouvert en avril 2023.

Au-delà de leur rôle militaire, les carrières de Confrécourt sont un témoignage artistique et humain de la Grande Guerre. Des descendants de soldats (famille Doncoeur, Claire de Villaret) ou d’artistes (Louis Tinayre) y ont retrouvé des traces de leurs aïeux. Le lieu a aussi inspiré des œuvres cinématographiques, comme Le Secret de Confrécourt (2013) ou À travers Irène (2022), mettant en scène Marie Curie et ses « petites Curies » (unités mobiles de radiographie).

Liens externes