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Eglise abbatiale de Bonlieu à Sainte-Agathe-la-Bouteresse dans la Loire

Loire

Eglise abbatiale de Bonlieu

    543 Bonlieu
    42130 Sainte-Agathe-la-Bouteresse
Eglise abbatiale de Bonlieu
Eglise abbatiale de Bonlieu
Crédit photo : Romainbehar - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1199
Fondation du prieuré
1259
Érection en abbaye
XIVe siècle
Reconstruction de l'église
1543
Mausolée d’Urfé
1790
Fermeture et vente
12 avril 2023
Classement définitif
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ancienne église abbatiale Notre-Dame de Bonlieu, en totalité, située allée de Bonlieu, domaine de Bonlieu, sur la parcelle n°343, section B du cadastre de la commune, telle que délimitée en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 12 avril 2023

Personnages clés

Guillemette (ou Ermengarde) - Fondatrice du prieuré Épouse du comte Guigues II de Forez.
Arnulphe d’Urfé - Bienfaiteur (XIVe s.) Participe à la réfection de l’église (1324).
Claude d’Urfé - Gouverneur du Forez Commande un mausolée (1543) et des stèles.

Origine et histoire

L’abbaye de Bonlieu fut fondée en 1199 par Guillemette (ou Ermengarde), épouse du comte de Forez Guigues II, comme prieuré cistercien féminin dépendant de l’abbaye Notre-Dame de Bellecombe. Installé sur la paroisse de Sainte-Agathe-la-Bouteresse, ce prieuré devint une abbaye en 1259, grâce au soutien des comtes du Forez et de la famille d’Urfé. Les bâtiments monastiques, souvent détruits par des incendies (XIVe siècle, 1682, 1711), furent reconstruits à plusieurs reprises, tandis que l’église abbatiale, reconstruite au XIVe siècle, présentait un plan atypique avec un chœur heptagonal et des absidioles en biais.

Au Moyen Âge, l’abbaye bénéficia de dons comtaux et seigneuriaux, notamment d’Arnulphe d’Urfé, qui participa à la réfection de l’église en 1324. Claude d’Urfé, gouverneur du Forez, y érigea un mausolée familial en 1543. Les conflits de suzeraineté entre les religieuses et les seigneurs locaux marquèrent son histoire. L’abbaye, vendue comme bien national en 1790, vit son église brûler au XIXe siècle, ne laissant subsister que l’église paroissiale Sainte-Agathe, aujourd’hui disparue.

L’architecture de l’abbaye mêlait briques locales et pisé, avec des éléments en moellons de grès, calcaire et granite. L’église, de type « église-halle » (nef et collatéraux de même hauteur), était voûtée d’ogives et présentait un chevet original encadré d’absidioles désaxées. Deux objets classés subsistent : une cloche du XVIIe siècle et deux stèles funéraires du XVIe siècle commandées par Claude d’Urfé. Classée monument historique en 1952 puis en 2023, l’abbaye illustre l’histoire cistercienne en Forez.

Les bâtiments abbatiaux, organisés autour d’un canal de moulin visible sur le cadastre de 1826, furent définitivement détruits après 1790. L’église, peut-être transformée en grange avant la Révolution, fut divisée horizontalement par une voûte en brique. Aujourd’hui, seuls des vestiges architecturaux (murs, contreforts, encadrements) et les éléments classés témoignent de ce patrimoine. Les fouilles et études, comme celles d’Antoine Bonin (1940) ou Philippe Peyron (1999), éclairent son rôle dans l’histoire religieuse et seigneuriale du Forez.

La fondation de Bonlieu s’inscrit dans la dynamique cistercienne du XIIe siècle en Forez, aux côtés des abbayes de la Bénisson-Dieu et Valbenoîte. Issue d’une communauté féminine noble, l’abbaye reflétait les réseaux de pouvoir locaux, entre comtes, familles d’Urfé et clergé. Sa destruction progressive, des incendies à la Révolution, symbolise les bouleversements politiques et religieux ayant affecté les établissements monastiques en France.

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