Fondation de l’abbaye 1001 (≈ 1001)
Création par Effroy, seigneur de Preuilly.
1012
Consécration royale
Consécration royale 1012 (≈ 1012)
Approbation par Robert II le Pieux.
XVe siècle
Renforts architecturaux
Renforts architecturaux XVe siècle (≈ 1550)
Ajout de contreforts et modifications.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1840 (≈ 1840)
Première protection officielle de l’État.
1846
Étude historique
Étude historique 1846 (≈ 1846)
Publication par Audigé et Moisand.
1867
Effondrement du clocher
Effondrement du clocher 1867 (≈ 1867)
Reconstruction en 1873 avec flèche vernissée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. B2 1065) : classement par liste de 1840
Personnages clés
Effroy de Preuilly - Seigneur fondateur
Créa l’abbaye en 1001.
Robert II le Pieux - Roi de France
Approuva la fondation en 1012.
Archambauld de Sully - Archevêque de Tours
Consacra l’abbatiale au XIe siècle.
Bertrand du Guesclin - Connétable de France
Libéra Preuilly des Anglais (1369).
Denis (sculpteur) - Artisan des chapiteaux
Auteur présumé des sculptures romanes.
Charles Audigé - Historien local
Étudia l’abbatiale au XIXe siècle.
Origine et histoire
L’abbatiale Saint-Pierre de Preuilly-sur-Claise fut fondée en 1001 par Effroy, seigneur de Preuilly et de La Roche-Posay, avec l’approbation du roi Robert II le Pieux en 1012. Consacrée par l’archevêque de Tours Archambauld de Sully, elle abritait initialement les reliques de saint Melaine dans une chapelle latérale. De plan cruciforme inspiré des abbayes bénédictines, elle se distingue par son déambulatoire, ses trois chapelles absidales et ses piliers carrés cantonnés de colonnettes, ornés de près de 300 chapiteaux historiés représentant feuillages, figures fantastiques et scènes humaines.
Au XVe siècle, l’édifice subit des consolidations par ajouts de contreforts, tandis qu’une crypte fut aménagée sous le sanctuaire. Le clocher, effondré en 1867, fut reconstruit en 1873 avec une flèche couverte de tuiles vernissées, s’inspirant des hospices de Beaune, un choix stylistique insolite pour la région. Les vitraux, datant des XIXe et XXe siècles, complètent les restaurations majeures de cette période. L’abbatiale, initialement cœur d’un monastère bénédictin, présente des similitudes architecturales avec l’abbaye de Fontgombault, avec des bâtiments conventuels partiellement visibles (logis de l’abbé, vestiges du cloître).
Classée Monument Historique dès 1840, l’abbatiale est aujourd’hui l’église paroissiale de Preuilly-sur-Claise. Son originalité réside dans son plan désaxé, où la nef ne correspond pas à l’axe du chœur, une particularité soulignée par les historiens comme Charles Huysmans. Les sculptures, attribuées à l’atelier de Denis, en font un témoignage majeur de l’art roman en Touraine. Les bâtiments abbatiaux adjacents, vendus comme biens nationaux à la Révolution, incluent encore le moulin de l’abbaye et des maisons canoniales des XVe–XVIIIe siècles.
L’histoire de l’abbatiale est liée à celle de la baronnie de Preuilly, première de Touraine, dont les seigneurs jouèrent un rôle régional clé, notamment pendant la guerre de Cent Ans. Pillée en 1369 par les Anglais, elle fut restaurée sous Eschivart VI avec l’aide de Bertrand du Guesclin. Aux XVIe–XVIIe siècles, les guerres de Religion endommagèrent une partie de l’édifice, reflétant les tensions entre catholiques et protestants locaux. La Révolution mit fin à la présence monastique, déjà réduite à une poignée de moines en 1789.
Au XIXe siècle, l’abbatiale bénéficia d’une attention renouvelée, comme en témoignent les écrits de Charles Audigé et de l’abbé Bourassé (1846). Les restaurations de cette époque, bien que controversées pour leur style éclectique (flèche vernissée), permirent sa préservation. Aujourd’hui, l’édifice reste un lieu de culte actif et un site touristique majeur, avec des visites guidées organisées par la Société Archéologique de Preuilly, mettant en valeur ses chapiteaux et son histoire mouvementée.
Le contexte géographique de Preuilly-sur-Claise, située aux confins de la Touraine, du Berry et du Poitou, explique son rôle stratégique et culturel. La vallée de la Claise, riche en tuffeau, offrit les matériaux de construction, tandis que la forêt voisine (Parc de Boussay) et les landes environnantes complètent un paysage marqué par l’histoire médiévale. L’abbatiale, avec son musée de la Poterne et ses vestiges castraux, forme un ensemble patrimonial cohérent, illustrant l’évolution d’une petite cité monastique en bourg rural tourangeau.
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