Reconstruction partielle par Jean Aubert 1739-1752 (≈ 1746)
Aile nord construite, projet inachevé.
1793
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1793 (≈ 1793)
Destruction partielle de l’abbatiale.
1902
Acquisition par Nélie Jacquemart
Acquisition par Nélie Jacquemart 1902 (≈ 1902)
Transformation en musée d’art.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Domaine de l'ancienne abbaye de Chaalis (cad. C 21 à 25) : classement par arrêté du 9 septembre 1965
Personnages clés
Louis VI le Gros - Roi de France
Fondateur de l’abbaye en 1136.
Hippolyte d’Este - Abbé commendataire (1541-1549)
Mécène, commande les fresques du Primatice.
Jean Aubert - Architecte du XVIIIe siècle
Conçoit les bâtiments conventuels inachevés.
Nélie Jacquemart - Collectionneuse et mécène
Lègue l’abbaye et ses collections à l’Institut de France.
Le Primatice - Peintre italien (XVIe siècle)
Auteur des fresques de la chapelle abbatiale.
Madame de Vatry - Propriétaire au XIXe siècle
Restaure le domaine et organise des réceptions.
Origine et histoire
L’abbaye royale de Chaalis, fondée en 1136 par le roi Louis VI le Gros, est une ancienne abbaye cistercienne située à Fontaine-Chaalis, dans l’Oise. Confiée aux moines de l’abbaye de Pontigny, elle devient un centre économique et intellectuel majeur, accueillant régulièrement les rois de France. Son abbatiale gothique, construite au début du XIIIe siècle, est l’une des plus grandes du royaume, tandis que ses granges monastiques assurent des revenus considérables. Après un déclin au Moyen Âge tardif, l’abbaye connaît une renaissance artistique sous l’impulsion d’abbés commendataires italiens comme Hippolyte d’Este, qui y invite des artistes tels que Le Primatice et Sebastiano Serlio.
Au XVIIIe siècle, des bâtiments conventuels sont construits sous la direction de l’architecte Jean Aubert, mais les travaux restent inachevés. Vendue comme bien national pendant la Révolution, l’abbatiale est détruite, et le domaine est transformé en résidence de chasse. Au XIXe siècle, Nélie Jacquemart, grande collectionneuse, acquiert le site et y installe ses œuvres d’art, léguant finalement l’abbaye et ses collections à l’Institut de France. Classée monument historique en 1965, l’abbaye abrite aujourd’hui le musée Jacquemart-André, ainsi que les ruines de l’abbatiale, une chapelle Renaissance aux fresques du Primatice, une roseraie et un parc de 29 hectares.
La fondation de Chaalis est liée à la mémoire de Charles le Bon, comte de Flandre assassiné en 1127. Louis VI choisit le site, alors appelé Caroli Locus (lieu de Charles), pour y établir une communauté monastique dépendant de Pontigny. Douze moines s’y installent sous la conduite d’André de Baudiment, premier abbé. Les donations royales et seigneuriales, comme celles de Guillaume de Mello ou de l’évêque Étienne de Senlis, permettent à l’abbaye de s’étendre rapidement. Un réseau de granges agro-pastorales et céréalières, ainsi que des celliers viticoles, est mis en place dès le XIIe siècle, assurant sa prospérité.
L’abbatiale, construite entre 1202 et 1219, est un chef-d’œuvre gothique de 82 mètres de long, doté d’un transept proéminent et de chapelles latérales. Elle abrite les tombes de treize évêques de Senlis et devient un lieu de prière royal, fréquenté par Louis IX. La vie intellectuelle y est intense, avec une bibliothèque de 216 manuscrits et des moines auteurs comme Guillaume de Digulleville. Cependant, la guerre de Cent Ans et la commende affaiblissent l’abbaye : en 1541, Hippolyte d’Este, premier abbé commendataire, y mène des travaux somptueux, faisant appel à des artistes italiens pour décorer sa chapelle privée.
Au XVIIIe siècle, le comte-abbé Louis de Bourbon-Condé lance un ambitieux projet de reconstruction confié à Jean Aubert, mais les dettes accumulées mènent à la fermeture de l’abbaye en 1786. Vendue en 1793, elle est partiellement démolie, ne conservant que la chapelle abbatiale et ses fresques. Au XIXe siècle, Madame de Vatry restaure le domaine et y organise des réceptions fastueuses, avant que Nélie Jacquemart n’en fasse un écrin pour ses collections. Aujourd’hui, le musée présente des peintures, sculptures et objets d’art des XVe au XVIIIe siècles, tandis que le parc et la roseraie perpétuent l’héritage cistercien et Renaissance.
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