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Abbaye de Remiremont dans les Vosges

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Eglise gothique

Abbaye de Remiremont

    4bis Place de l'Abbaye
    88205 Remiremont
Propriété de la commune
Abbaye de Remiremont
Abbaye de Remiremont 
Abbaye de Remiremont 
Abbaye de Remiremont 
Abbaye de Remiremont 
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Abbaye de Remiremont 
Abbaye de Remiremont 
Abbaye de Remiremont 
Crédit photo : © Christian Amet - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
620
Fondation de l'abbaye
1070
Charte de Mantoue
1290-1291
Reconnaissance comme princesse d’Empire
1563-1566
Guerre des Panonceaux
1682
Tremblement de terre
1790
Suppression du chapitre
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise en totalité, la crypte comprise (cad. AB 225) : classement par arrêté du 29 décembre 1983

Personnages clés

Saint Amé - Fondateur de l’abbaye Moine missionnaire du VIIe siècle.
Gisèle d'Alsace - Abbesse (XIe siècle) Obtient l’indépendance impériale en 1070.
Catherine de Lorraine - Abbesse (XVIIe siècle) Défendit Remiremont pendant la guerre.
Marguerite de Haraucourt - Abbesse (XVIe siècle) Menée la résistance lors des Panonceaux.
Claude Angélique de Fleurigny - Chanoinesse (XVIIe siècle) Exemple d’admission noble en 1671.
Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé - Dernière abbesse (XVIIIe siècle) Émigre en 1790 à la Révolution.

Origine et histoire

L'abbaye de Remiremont, fondée vers 620 par saint Amé et saint Romary, est initialement un monastère double (hommes et femmes) sous la règle de saint Colomban. Au XIe siècle, les religieuses adoptent la règle bénédictine et obtiennent l’exemption pontificale ainsi que l’immédiateté impériale, devenant une principauté ecclésiastique du Saint-Empire. L’abbaye, reconstruite après des incendies, acquiert un statut prestigieux, avec des droits régaliens confirmés par l’empereur Henri IV en 1070.

Au XIIIe siècle, les chanoinesses abandonnent la règle bénédictine pour une vie séculière sous règle canoniale, devenant un chapitre de Dames nobles. Ces dernières, issues de l’aristocratie, doivent prouver seize quartiers de noblesse pour y entrer. L’abbaye, dirigée par une princesse-abbesse élue, possède un vaste temporel incluant 78 paroisses et des droits de justice partagés avec les ducs de Lorraine, ses avoués. Les tensions avec ces derniers, notamment lors de la guerre des Panonceaux (1563-1566), illustrent les conflits pour le contrôle des terres et des revenus.

Pendant la guerre de Trente Ans, l’abbesse Catherine de Lorraine défend âprement ses terres, obtenant leur neutralité. Au XVIIIe siècle, l’abbaye, bien que toujours influente, voit ses droits régaliens diminuer face à l’autorité ducale. La Révolution française met fin au chapitre en 1790. Aujourd’hui, subsistent l’église abbatiale classée (avec sa crypte), l’ancien palais abbatial (devenu hôtel de ville) et des hôtels particuliers de chanoinesses, témoins de ce passé prestigieux.

L’organisation de l’abbaye reposait sur une hiérarchie complexe : l’abbesse, élue à vie et confirmée par le pape, était secondée par des dignitaires comme la dame doyenne (chargée des admissions) ou la dame secrète (gestion de la sacristie). Quatre grands officiers (grand prévôt, grand chancelier, etc.) administraient les biens temporels, souvent partagés avec le duc de Lorraine. Les chanoinesses, libres de circuler et de se marier, vivaient dans des hôtels particuliers et devaient prouver une noblesse irréprochable, comme en témoigne l’acte d’apprébendement de Claude Angélique de Fleurigny en 1671.

Les revenus de l’abbaye provenaient de seigneuries, de droits de justice, et de redevances comme la paisson (droit de pâturage) ou les Kyrioles (hommage annuel des paroisses voisines). Le censier de 1683 détaille ses possessions, allant des Vosges à la Haute-Saône, en passant par des enclaves alsaciennes. Malgré son statut impérial, Remiremont fut souvent en conflit avec les ducs de Lorraine, ses avoués, qui cherchaient à étendre leur autorité sur ses terres, comme lors de l’affrontement de 1566 où l’abbesse Marguerite de Haraucourt dut se soumettre.

La fin de l’abbaye intervient avec la Révolution : le chapitre est supprimé en 1790, et ses biens confisqués. La dernière abbesse sous l’Ancien Régime, Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé, émigre en 1790. Parmi les chanoinesses célèbres figure Charlotte Eustache Sophie de Fuligny-Damas, devenue peintre. L’héritage architectural de Remiremont, marqué par son église abbatiale et ses maisons canoniales, rappelle aujourd’hui son rôle majeur dans l’histoire religieuse et politique de la Lorraine et du Saint-Empire.

Liens externes