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Abbaye Notre-Dame de Grosbot à Charras en Charente

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Charente

Abbaye Notre-Dame de Grosbot

    Abé de Grosbot
    16380 Charras
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Abbaye Notre-Dame de Grosbot
Crédit photo : Jack ma - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 975
Fondation augustinienne
1121
Première mention archivistique
1166
Passage à l'ordre cistercien
XIVe siècle
Déclin après pestes et guerres
1568
Destruction par les huguenots
XVIIe siècle
Reconstruction par Jean de la Font
1790
Vente comme bien national
5 juillet 1993
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Autres bâtiments abbatiaux (cad. A 77) ; parcelles 75 à 79 et 208, ainsi que les éléments architecturaux qu'elles renferment (murs de clôture, portails, vivier, bassins, système hydraulique, ...) (cad. A 75 à 79, 208) : inscription par arrêté du 23 octobre 1992 ; Vestiges de l'église abbatiale, avec le bras de transept nord, le sol correspondant à l'emprise de l'abbatiale et la salle capitulaire attenante (cad. A 77) : classement par arrêté du 5 juillet 1993

Personnages clés

Famille de La Rochefoucauld - Bienfaiteurs et seigneurs Dons de terres, tombeau familial dans l’abbaye.
Jean de la Font - Abbé reconstructeur (1641–1673) Rebâtit l’abbaye au XVIIe siècle.
Vincent de Villars - Seigneur de Mainzac Chasse les moines en 1568 pendant les guerres de Religion.

Origine et histoire

L'abbaye Notre-Dame de Grosbot, aussi appelée Fontvive ou Fontaine Vive, est une ancienne abbatiale cistercienne située à Charras, en Charente, dans la forêt d'Horte. Fondée probablement vers 975 comme maison augustinienne, elle devient cistercienne en 1166 sous le nom de Grosbot (ou Grosbois), signifiant « grande forêt » en occitan. Son nom Font-Vive apparaît dès 1121 dans des archives, évoquant une source jaillissante sur son emplacement. Elle servait de relais aux moines d’Obazine entre l’Atlantique et le Limousin, et fut enrichie par des familles nobles comme les La Rochefoucauld, dont elle abritait les tombes.

Aux XIIe et XIIIe siècles, l’abbaye prospère grâce à des dons de terres, moulins et forges, s’étendant entre La Rochelle et Périgueux. Elle possède même la chapelle d’Obézine à Angoulême. Cependant, les guerres de Religion au XVIe siècle la dévastent : les huguenots pillent les lieux, emportant jusqu’aux poutres, et les moines sont chassés en 1568 avant de revenir en 1570. L’abbé Jean de la Font (1641–1673) la reconstruit au XVIIe siècle, lui redonnant une relative prospérité avec des bâtiments conventuels au nord et à l’est.

L’abbaye décline après la Révolution française, vendue comme bien national alors qu’il n’y reste qu’un seul moine. De son architecture, subsistent des vestiges du XIIe siècle : le bras nord du transept, la salle capitulaire, et des traces du cloître. Le système hydraulique cistercien, avec étang et viviers alimentés par des canaux souterrains, rappelle son ingénierie monastique. Classée monument historique en 1993, elle est aujourd’hui une propriété privée visitable sur rendez-vous.

L’église abbatiale, bâtie à la fin du XIIe siècle, mêle influences régionales et cisterciennes, avec des absidioles arrondies remplacées plus tard par des murs plats. Le transept nord, transformé en grange après la Révolution, conserve une porte monumentale du XVIIe siècle. Les ailes du monastère abritaient réfectoire, cuisines, dortoirs et étables, tandis que des murs de clôture et un portail marquaient les limites de la propriété. Son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques de la région.

Fille de l’abbaye d’Aubazine en Limousin, Grosbot illustre le rôle des cisterciens dans le défrichement et l’agriculture médiévale. Les archives mentionnent son cartulaire et des études archéologiques, comme celles de Martine Larigauderie-Beijaud en 1996. Malgré les destructions, ses ruines et son système hydraulique témoignent de son importance passée, entre spiritualité, pouvoir seigneurial et gestion des ressources.

Liens externes