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Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu à Jard-sur-Mer en Vendée

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye Royale
Abbaye
Vendée

Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu

    52 L'Abbaye
    85520 Jard-sur-Mer
Propriété privée
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu
Crédit photo : Chatsam - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1197
Fondation
1305
Visite papale
1372
Premier pillage
1484
Conflit pour l’abbatiale
1568
Incendie calviniste
1667-1720
Procès et annexion
1733
Conversion agricole
1791
Vente comme bien national
1927
Protection MH
2012
Rachat et restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Restes comprenant : grand bâtiment avec cave, salle capitulaire et escalier, vestiges de l'église abbatiale et restes de l'église paroissiale : inscription par arrêté du 12 avril 1927

Personnages clés

Richard Cœur de Lion - Fondateur Duc d’Aquitaine, roi d’Angleterre
Bertrand de Got (Clément V) - Pape Visite l’abbaye en 1305
Bertrand du Guesclin - Chef militaire Reprend l’abbaye en 1372
René de La Tremblaye - Abbé élu Victime du pillage de 1484
Jean de La Trémoille - Abbé commendataire Responsable du sac de 1484
Michel II de Colbert de Terron - Général des Prémontrés Initiateur de l’annexion (1667)
Alain du Peloux - Propriétaire actuel Restaure l’abbaye depuis 2012

Origine et histoire

L’abbaye royale Notre-Dame de Lieu-Dieu est fondée en 1197 par Richard Cœur de Lion pour les chanoines prémontrés, sur l’actuelle commune de Jard-sur-Mer (Vendée, Pays de la Loire). Après deux siècles de prospérité, elle subit trois dévastations majeures : en 1372 (pillage par les troupes de Charles V après la reprise aux Anglais), en 1484 (conflit pour la nomination de l’abbé René de La Tremblaye, suivi d’un sac par les hommes de Jean de La Trémoille), et en 1568 (incendie par les calvinistes pendant les guerres de Religion). Ces événements affaiblissent durablement le monastère, malgré des périodes de relance comme la visite de Bertrand de Got (futur pape Clément V) en 1305, où il confirme des clercs et célèbre la messe.

En 1667, le général des Prémontrés, Michel II de Colbert de Terron, tente d’annexer les biens de l’abbaye au collège de l’ordre à Paris. Un procès de 60 ans s’ensuit, aboutissant en 1720 à l’union forcée des revenus. L’abbaye est alors systématiquement dépouillée : lambris, vitraux, objets liturgiques (ciboire, orgues, cloches) et même des éléments architecturaux (piliers, ardoises) sont vendus entre 1721 et 1722. Le déclin s’accélère avec sa conversion en exploitation agricole en 1733, puis sa vente comme bien national en 1791 à un négociant des Sables-d’Olonne, qui démantèle les derniers matériaux nobles.

Au XXIe siècle, l’abbaye est rachetée en 2012 par la famille du Peloux, qui entreprend sa restauration et l’ouvre au public dès 2013. Les vestiges protégés depuis 1927 (grand bâtiment, salle capitulaire, restes des églises abbatiale et paroissiale) témoignent de son passé mouvementé. L’estampe d’Octave de Rochebrune (1860) et les archives du procès de 1721 (description détaillée des lieux) constituent des sources iconographiques et documentaires majeures.

L’abbaye illustre les tensions politiques et religieuses de son époque : conflits féodaux (La Trémoille vs La Tremblaye), guerres de Religion (saccage calviniste de 1568), et centralisation monarchique (annexion des biens par Louis XV en 1720). Son déclin reflète aussi les bouleversements de la Révolution, avec la dispersion de son patrimoine architectural et mobilier. Aujourd’hui, le site allie mémoire historique et projet de valorisation touristique.

Liens externes