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Abbaye de Beaupré à Achy dans l'Oise

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Abbaye de Beaupré
Abbaye de Beaupré
Abbaye de Beaupré
Abbaye de Beaupré
Abbaye de Beaupré
Abbaye de Beaupré
Abbaye de Beaupré
Abbaye de Beaupré
Crédit photo : Chatsam - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1134-1135
Fondation de l'abbaye
1136
Consécration des premiers bâtiments
1144 et 1147
Bulles papales
1346
Destruction par les Anglais
1644 et 1671
Inondations dévastatrices
1736
Reconstruction du moulin
1791
Vente comme bien national
1803
Transformation en filature
1988
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'entrée monumentale ; les anciens bâtiments réguliers du XVIIIe siècle ; les vestiges du moulin abbatial ; les communs à l'exclusion des éléments du XIXe siècle ; les parcelles formant le sol de l'abbaye. (cad. P 351 à 357, 621) : inscription par arrêté du 24 mai 1988

Personnages clés

Manassès de Milly - Seigneur d’Achy et fondateur Fonda l’abbaye en 1134-1135.
Pierre - Premier abbé Venu d’Ourscamp avec douze moines.
Raoul de Mouchy - Seigneur local Inhumé en l’abbatiale en 1270.
Simon de Clermont - Évêque de Beauvais Ancien régent de France, inhumé en 1312.
Hippolyte de Béthune - Évêque de Verdun Fit restaurer les bâtiments vers 1705.
Henry Hubert de Courtalvert de Pezé - Abbé commendataire Reconstruisit l’église abbatiale vers 1750.

Origine et histoire

L’abbaye de Beaupré est une ancienne abbaye cistercienne masculine fondée au XIIe siècle (vers 1134-1135) par Manassès de Milly, seigneur d’Achy. Elle fut confiée à l’ordre cistercien avec douze moines venus de l’abbaye d’Ourscamp, elle-même fille de Clairvaux. Les premiers bâtiments, consacrés en 1136, incluaient une abbatiale où furent inhumés plusieurs seigneurs locaux, comme Raoul de Mouchy (1270) ou Simon de Clermont, évêque de Beauvais (1312). Les moines aménagèrent la vallée du Petit Thérain avec des canaux et fossés pour drainer les terres, tout en étendant leur domaine via des acquisitions comme la forêt de Malmifait (1153-1159).

Au XIVe siècle, l’abbaye subit des destructions lors des raids anglais d’Édouard III (1346). Les inondations répétées (1644, 1671) endommagèrent gravement les bâtiments, dont le palais abbatial, transféré à la ferme de Woimaison. Au XVIIIe siècle, des restaurations furent entreprises : le moulin fut reconstruit en 1736, et l’église abbatiale vers 1750 sous l’abbé Henry Hubert de Courtalvert. L’abbaye, vendue comme bien national en 1791, fut en partie démolie au XIXe siècle pour installer une filature de coton (1803-1824).

Aujourd’hui, il ne subsiste que l’entrée monumentale du XVIIIe siècle, un réfectoire voûté, les vestiges du moulin et des communs transformés en logements. L’ensemble, inscrit aux monuments historiques depuis 1988, est protégé par une association de sauvegarde face à des projets de carrière. Le site témoigne de l’architecture cistercienne et des aménagements hydrauliques médiévaux, bien que la plupart des bâtiments originels aient disparu.

L’abbaye de Beaupré était fille de l’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp. Son cartulaire (1201-1300), conservé à la Bibliothèque nationale de France, et des bulles papales (Luc II en 1144, Eugène III en 1147) attestent de son importance historique. Les seigneurs locaux, comme Jean de Conty, y furent inhumés, renforçant son rôle dans la noblesse picarde.

Le domaine abbatial s’organisait autour de la rivière canalisée : au sud, l’abbatiale, le cloître et les bâtiments conventuels ; au nord, le vivier, la ferme et le moulin. La forêt de Malmifait, acquise progressivement, et la ferme de Woimaison (don d’Hugues de Marlet en 1140) complétaient ses ressources. Ces aménagements illustrent l’autonomie économique des abbayes cisterciennes, combinant agriculture, hydraulique et exploitation forestière.

Liens externes