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Abbaye de Clairlieu à Villers-lès-Nancy en Meurthe-et-Moselle

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye

Abbaye de Clairlieu

    3B Rue de la Sancé
    54600 Villers-lès-Nancy
Abbaye de Clairlieu
Abbaye de Clairlieu
Abbaye de Clairlieu
Abbaye de Clairlieu

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1150
Fondation initiale à Ferrière
1er mai 1159
Don du terrain par Mathieu Ier
1182
Protection papale
1354
Destruction partielle
1541
Régime de la commende
1791
Démolition de l’abbaye
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Mathieu Ier, duc de Lorraine - Fondateur Offrit le terrain de Clairlieu en 1159.
Vidric (ou Widric Ier) - Premier abbé Mena la colonie monastique dès 1150.
Jean Martin - Abbé (1604-1631) Fonda une imprimerie à Clairlieu.
Charles le Téméraire - Duc de Bourgogne Rovina l’abbaye lors du siège de Nancy.
Charles de Lorraine - Abbé commendataire Fils du duc Charles III, renonça à sa charge.
Paul-Théodore Haboury - Dernier abbé élu Nommé par Louis XV en 1768.

Origine et histoire

L’abbaye de Clairlieu, fondée vers 1150 par des moines cisterciens venus de Bithaine, s’installa d’abord à Ferrière près de Chaligny avant d’être chassée par les habitants locaux. Son activité principale était alors l’extraction et la transformation du fer. En 1159, Mathieu Ier, duc de Lorraine, offrit aux moines un vaste terrain nommé Ameuleu (renommé Clarus locus ou Clairlieu), où débuta la construction de l’abbaye en 1160, près d’un ruisseau et d’un étang alimenté par la forêt de Haye. Les fouilles archéologiques suggèrent une occupation romaine antérieure, voire un atelier sidérurgique.

Dédiée à la Sainte Vierge, l’abbaye fut placée sous la protection papale dès 1182 et connut un âge d’or jusqu’au XIVe siècle, malgré les violences des guerres, notamment celles des Bourguignons lors du siège de Nancy par Charles le Téméraire (1354). Son église, réputée pour sa beauté, mesurait 46 mètres de long et présentait un style roman cistercien, avec un chevet plat, trois nefs, et des chapiteaux sculptés. Elle abritait les tombeaux du duc Mathieu Ier, fondateur, et de son épouse Berthe, ainsi que des monuments des grandes familles lorraines.

En 1541, l’abbaye passa sous le régime de la commende, avec des abbés comme Henri de Haraucourt ou le cardinal Charles de Lorraine. Malgré un renouveau au XVIIe siècle sous l’abbé Jean Martin (1604-1631) — qui y installa une imprimerie transférée ensuite à Nancy —, Clairlieu déclina face aux guerres, à la peste et aux troubles politiques. Le dortoir fut agrandi en 1709, mais l’abbaye, appauvrie, fut démolie en 1791 pendant la Révolution. Les fouilles (1980-1988) révélèrent son cloître rectangulaire (20×21 m), ses bâtiments conventuels, et un système hydraulique alimenté par le ruisseau de la Sance.

Clairlieu posséda des dépendances influentes, comme les grands moulins de Nancy (dont ceux intra et extra-muros), des granges (Forêt, Gimay), et des biens urbains, dont l’actuel hôtel de la Monnaie. Elle exerça aussi sa souveraineté sur le village de Villers-lès-Nancy. Son dernier abbé élu, Paul-Théodore Haboury, fut nommé par Louis XV en 1768, marquant la fin de son autonomie monastique.

L’architecture de Clairlieu mêlait simplicité cistercienne et adaptations locales, comme le chauffoir réaménagé en cuisine ou le colombier extérieur. Son déclin refléta celui des abbayes lorraines, victimes des conflits et des réformes religieuses. Aujourd’hui, il n’en subsiste que des vestiges archéologiques, témoins de son rayonnement médiéval et de son rôle dans l’histoire régionale.

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