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Abbaye de Domme en Dordogne

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Dordogne

Abbaye de Domme

    Rue de la Chapelle
    24250 Domme
Abbaye de Domme
Abbaye de Domme
Crédit photo : Pymouss - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
début XIVe siècle
Fondation du couvent
1411
Réforme avortée
28 juillet 1533
Enquête fiscale à Sarlat
25 octobre 1588
Destruction par Geoffroy de Vivans
1617
Retour des Augustins
1er octobre 1790
Abandon définitif
19 février 1971
Classement de la chapelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle (cad. D 688) : inscription par arrêté du 19 février 1971

Personnages clés

Philippe le Bel - Roi de France Commanditaire de la fondation du couvent.
Gilles de Rome (Aegidius Romanus) - Cardinal et général des Augustins Fonda le couvent en 1292.
Geoffroy de Vivans - Chef protestant Détruisit le couvent en 1588.
Père Jean-Jacques Baylé - Dernier prieur connu Dirigea le couvent avant 1790.
Comte Colonna Walewski - Descendant de Napoléon Ier Propriétaire ultérieur du site.

Origine et histoire

Le couvent des Augustins de Domme, situé rue de la Chapelle dans le département de la Dordogne, trouve son origine au début du XIVe siècle sous l’impulsion du roi Philippe le Bel. Fondé par le cardinal Gilles de Rome (ou Aegidius Romanus), précepteur du roi et général de l’ordre de saint-Augustin, il bénéficia d’une protection royale dès 1292. Ce couvent s’inscrivait dans la politique d’implantation monastique soutenue par la couronne, visant à renforcer l’influence religieuse et politique dans le sud-ouest de la France.

Au XVe siècle, le couvent était déjà établi, bien que sa discipline se soit relâchée au fil des décennies. En 1411, une enquête menée par deux religieux envoyés depuis Toulouse tenta de réformer les abus, sans succès durable : au XVIe siècle, la communauté ne comptait plus qu’un prieur, deux moines et deux domestiques. La pauvreté du couvent fut officiellement attestée lors d’une enquête à Sarlat en 1533, organisée pour prouver son exemption fiscale en tant que fondation royale.

Les guerres de Religion marquèrent un tournant dramatique pour l’abbaye. En 1588, le chef protestant Geoffroy de Vivans prit Domme par escalade et détruisit une partie du couvent, y compris son église, ne laissant debout que le clocher. Les Augustins, chassés, ne revinrent qu’en 1617, après la restitution de la ville aux royalistes en 1592. Ils restaurèrent alors les lieux pour y établir une école enseignant les bases du latin, de l’écriture et du calcul, tout en logeant provisoirement dans une maison voisine.

La Révolution française scella le sort du couvent. En 1790, les Augustins l’abandonnèrent conformément aux décrets supprimant les ordres religieux. Les bâtiments furent vendus comme biens nationaux en 1791 à un bourgeois local, Bar, et transformés en propriétés privées. La chapelle, seule partie subsistante, fut inscrite aux monuments historiques en 1971. Son architecture, mêlant éléments gothiques (culs-de-lampe sculptés, accolade ornée) et traces de reconstructions, témoigne de cette histoire mouvementée.

Le site passa ultérieurement entre les mains du comte Colonna Walewski, descendant de Napoléon Ier, avant de devenir un patrimoine civil. Aujourd’hui, la chapelle et les vestiges du couvent rappellent à la fois l’influence des Augustins en Périgord et les bouleversements politiques et religieux qui ont marqué la région du Moyen Âge à la Révolution.

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