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Abbaye Sainte-Marie de Berteaucourt à Berteaucourt-les-Dames dans la Somme

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Eglise romane
Somme

Abbaye Sainte-Marie de Berteaucourt

    1 Rue Jean Vasseur
    80850 Berteaucourt-les-Dames

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
1092-1095
Fondation de l’abbaye
1095
Investiture canonique
1108
Confirmation des privilèges
1176
Bulle papale
XVIe siècle
Régime de la commende
1791
Vente comme bien national
1840
Classement monument historique
1995
Classement de l’hostellerie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Gauthier de Pontoise - Abbé fondateur Visionnaire de l’abbaye, mort en 1099.
Heleguide (ou Elvige) - Co-fondatrice et première abbesse Obtint l’investiture canonique en 1095.
Godelande (ou Godelinde) - Seconde abbesse Confirma les privilèges en 1108.
Angélique d’Estrées - Abbesse commendataire Nommée par Henri IV, sœur de Gabrielle d’Estrées.
Edmond Duthoit - Architecte restaurateur Dirigea les travaux au XIXe siècle.

Origine et histoire

L’abbaye Notre-Dame de Berteaucourt-les-Dames, fondée à la fin du XIe siècle (vers 1092-1095), est une ancienne abbaye bénédictine féminine. Selon la tradition, Gauthier de Pontoise, abbé de Saint-Martin de Pontoise, aurait eu une vision de la Vierge lui demandant d’y établir un monastère. Il fonda un ermitage sur les bords de la Nièvre en 1094, attirant des pèlerins grâce à une source miraculeuse (source Saint-Gautier). Après sa mort en 1099, deux femmes, Heleguide (ou Elvige) et Godelande, obtinrent en 1095 l’autorisation canonique de l’évêque d’Amiens, Gervin, pour officialiser l’abbaye.

En 1108, la seconde abbesse fit confirmer les privilèges de l’abbaye par l’évêque Godefroy d’Amiens. Une bulle papale d’Alexandre III en 1176 valida ses possessions et droits seigneuriaux, incluant la haute justice. L’abbaye prospéra jusqu’au XVIe siècle, où elle fut placée sous le régime de la commende. Henri IV y nomma Angélique d’Estrées, sœur de sa maîtresse Gabrielle d’Estrées, comme abbesse, permettant des visites discrètes au roi. À son apogée, l’abbaye possédait des biens dans une cinquantaine de paroisses et distribuait des aumônes, renforçant sa popularité locale.

La Révolution française marqua un tournant : déclarée bien national en 1791, ses biens furent vendus, et une grande partie des bâtiments détruits au XIXe siècle. Seule subsiste aujourd’hui l’hostellerie (logis abbatial du XVIIIe siècle), classée monument historique en 1995 après une restauration en 2006-2007. L’église abbatiale, partiellement démolie, sert désormais d’église paroissiale. Des dessins des frères Duthoit (XIXe siècle), conservés au musée de Picardie à Amiens, documentent les vestiges disparus.

L’architecture de l’église, construite entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle, mêle des influences romanes (nef à cinq travées, abside semi-circulaire) et des remaniements ultérieurs (clocher du XIIIe siècle, modifications des XVIe et XVIIIe siècles). Classée dès 1840, elle fut restaurée au XIXe siècle par Edmond Duthoit, qui reconstruit notamment le bas-côté nord et supprima les vestiges du transept. Le site conserve aussi un mur d’enceinte et une source liée à la légende de Gauthier de Pontoise.

L’abbaye illustre l’histoire religieuse et seigneuriale de la Picardie, passant d’un lieu de dévotion médiéval à un enjeu politique sous l’Ancien Régime, avant de devenir un patrimoine local menacé puis préservé. Son hostellerie, exemple d’architecture classique, et son église, témoin des évolutions stylistiques, en font un site historique majeur des Hauts-de-France.

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