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Abbaye de la Tenaille à Saint-Sigismond-de-Clermont en Charente-Maritime

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Eglise romane
Charente-Maritime

Abbaye de la Tenaille

    Le Bourg
    17240 Saint-Sigismond-de-Clermont
Abbaye de la Tenaille
Abbaye de la Tenaille
Abbaye de la Tenaille
Abbaye de la Tenaille
Crédit photo : Jack ma - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Vers 1125
Fondation initiale
1137
Installation officielle
1542
Déclin moral dénoncé
1582
Destruction par les protestants
1615
Don aux jésuites de Saintes
1794
Vente comme bien national
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Restes de la chapelle romane (cad. A 914) : classement par arrêté du 29 novembre 1958 ; Façades et toitures du château et des écuries du XVIIIe siècle (cad. A 914) : inscription par arrêté du 2 décembre 1958 ; En totalité, l'abbaye de la Tenaille, ainsi que le sol et le sous-sol (cad. A 1011 à 1013) : inscription par arrêté du 26 juillet 2019

Personnages clés

Géraud de Salles - Fondateur spirituel Religieux de Fontevraud à l’origine du projet en 1125.
Guillaume de Conchamp - Abbé fondateur Installa douze moines en 1137 avec l’appui de Gérard de Blaye.
Jacques de Pons - Seigneur calviniste Chassa les moines et ruina l’abbaye en 1582.
Jacques II de Catrix - Dernier abbé Nommé à 12 ans, fuit en 1582, mort jeune.
Duc d’Épernon - Bienfaiteur des jésuites Restitua les revenus à l’Église en 1615.
Armand de La Barre - Premier propriétaire privé Acheta l’abbaye en 1794 et construisit la demeure actuelle.

Origine et histoire

L’abbaye de la Tenaille, fondée vers 1125 par Géraud de Salles et officiellement établie en 1137 par Guillaume de Conchamp, était une abbaye cistercienne située en Saintonge, sur la via Turonensis, l’un des quatre grands chemins menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle abritait des reliques prestigieuses, dont un clou de la Croix du Christ et la tenaille l’ayant arrachée, attirant pèlerins et serments solennels. Son implantation suscita des tensions avec les paysans locaux, compensées par des dons de terres. Au Moyen Âge, elle bénéficia du soutien des seigneurs régionaux comme Guillaume de Maingot ou les familles de Pons et d’Archiac.

Au XVIe siècle, l’abbaye déclina en raison de la dissolution des mœurs monastiques : en 1542, le Parlement de Bordeaux dénonça des moines « vagabonds et dissolus », armés et pillant les campagnes. En 1582, le calviniste Jacques de Pons chassa les huit derniers moines, ruina les bâtiments et s’appropria ses revenus. L’abbé Jacques II de Catrix, âgé de seulement 12 ans lors de sa nomination, fuit et mourut peu après. Les biens de l’abbaye furent ensuite confisqués par le duc d’Épernon en 1615, puis cédés au collège jésuite de Saintes, devenant leur principale source de revenus jusqu’à l’expulsion des jésuites en 1762.

L’abbaye fut vendue comme bien national en 1794 à Armand de La Barre, qui y construisit une demeure et des dépendances. Au XIXe siècle, le domaine passa à Alexis Martin de Bonsonge, puis à sa petite-fille, épouse du comte Étienne Lunet de Lajonquière. Aujourd’hui, il ne subsiste qu’une chapelle romane classée (nef à coupoles partiellement effondrées, portail romano-byzantin), des entrepôts du XVIIIe siècle ornés de symboles agricoles, et une maison de maître à façade grecque. Les archives, détruites en 1793, laissent peu de traces de son histoire.

L’abbaye possédait des terres et revenus étendus, incluant des marais salants, des vignes, et des cures paroissiales (Saint-Sigismond, Plassac). Ses possessions s’étendaient jusqu’à Pons, Nieul-le-Virouil, et Mosnac, le long du chemin de Compostelle. En 1701, ses terres étaient affermées pour 700 livres. La légende locale raconte que les moines firent jaillir du vin d’une fontaine, tromperie révélée plus tard.

Classée Monument Historique en 1958 pour ses vestiges romans et son château du XVIIIe siècle, l’abbaye illustre l’évolution des établissements religieux en Saintonge, entre rayonnement médiéval, déclin à la Renaissance, et transformation en domaine agricole. Son nom évoque à la fois son rôle spirituel (reliques) et son ancrage dans les récits populaires, entre histoire et légende.

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