Origine et histoire
La tour de Bonvouloir, située dans l’Orne en Normandie, est le dernier vestige en élévation d’un château fort construit à la fin du XVe siècle. Ce monument se dresse sur l’ancienne commune de Juvigny-sous-Andaine, aujourd’hui intégrée à Juvigny Val d'Andaine, à proximité de la forêt d'Andaine. Le site, classé aux monuments historiques, comprend aussi les restes d’un colombier, d’une chapelle reconvertie, d’un puits profond de 33 mètres et des fossés délimitant l’assiette du château. La tour principale, haute de 26,50 mètres et coiffée d’une toiture en cloche, servait de poste de guet et abrite un escalier de pierre menant à son sommet, offrant une vue panoramique sur les environs.
Le fief de Bonvouloir fut créé en 1485 par René, duc d’Alençon, qui l’offrit à son conseiller Guyon Essirard (ou Eschirat), alors maître d’hôtel du duc. Ce dernier quitta sa demeure de La Palu à Sept-Forges pour ériger ce château. En 1515, le domaine passa à la famille Achard de Bonvouloir, dont plusieurs membres exercèrent la fonction de gouverneurs de Domfront. Au XVIIe siècle, le château fut converti en corps de ferme, et ses pierres furent réutilisées pour construire des dépendances agricoles, comme la grange ou le pressoir. Au XVIIIe siècle, une des tours fut transformée en pigeonnier, tandis que la Révolution française accéléra sa destruction partielle, ne laissant que des vestiges aujourd’hui protégés.
Les éléments conservés incluent, outre la tour dite Le Phare, les façades et toitures de l’ancienne chapelle (temporairement habitée), des communs, et un bâtiment du XVIIIe siècle. Le site, entouré de fossés et de jardins, témoigne de l’organisation médiévale d’une forteresse, avec une basse-cour et des remparts partiellement visibles. Les vestiges, classés par arrêté du 4 juillet 1995, sont accessibles librement depuis l’extérieur toute l’année. Leur préservation permet d’étudier l’évolution architecturale d’un château fort en ferme, typique de la région normande.
Les sources historiques mentionnent également des légendes locales liées à la tour, comme celle racontée sur normandythenandnow.com, ainsi que des études approfondies, dont l’article de J. Hamon (1956) sur l’histoire du fief et de ses seigneurs. Le site, bien que partiellement démantelé, reste un exemple remarquable de patrimoine militaire et agricole normand, illustrant les transformations subies par les châteaux forts à partir de l’époque moderne.