Origine et histoire de l'ancien château
Le château de Nérac, de style Louis XII, marque la transition entre l’art gothique et la Première Renaissance. Situé sur les bords de la Baïse à Nérac (Lot-et-Garonne), il fut achevé sous le règne de Jeanne d'Albret, qui y installa sa cour au XVIe siècle. Le monument, initialement quadrangulaire avec quatre ailes entourant une cour centrale, fut en grande partie démantelé pendant la Révolution française. Seule l’aile nord, classée monument historique en 1862, subsiste aujourd’hui. Elle abrite le musée de Nérac, consacré à l’histoire des Albret et à la Renaissance, ainsi qu’à des collections archéologiques locales allant de la préhistoire à l’époque romaine.
L’histoire du château remonte au moins à 1088, où une demeure seigneuriale appartenant à Arsieu d'Olbion est mentionnée. Au XIIe siècle, les moines de l’abbaye Saint-Pierre de Condom en deviennent propriétaires et confient sa défense à la famille d’Albret, qui finit par s’en emparer définitivement en 1306 via Amanieu VII. Le château actuel fut reconstruit entre les XIVe et XVIe siècles, période faste pour les Albret, alliés tour à tour aux Armagnac puis aux rois de France. Les quatre ailes, de tailles et d’époques variées, reflétaient cette évolution : l’aile ouest (avant 1389), l’aile nord attribuée à Charles II ou Alain d’Albret, l’aile est dominant la Baïse, et l’aile sud édifiée par Jeanne d’Albret après 1560 avec des pierres issues de démolitions religieuses.
Le château joua un rôle politique majeur sous Henri de Navarre (futur Henri IV), dont la chambre était située au-dessus de la salle des gardes. Après la Révolution, l’aile nord fut préservée et transformée en musée en 1934, grâce à des collectionneurs comme Georges Monbrison et à l’appui d’Armand Fallières, ancien président de la République. Les collections, encyclopédiques, mêlent archéologie locale, souvenirs des Albret, et objets d’art de la Renaissance. Des projets de restauration, comme celui avorté de Viollet-le-Duc en 1867, témoignent de son importance patrimoniale.
Architecturalement, le château se distinguait par son perron menant aux jardins royaux, sa terrasse le long de la Baïse, et un pavillon royal aujourd’hui disparu. L’aile nord conserve une galerie d’arceaux surbaissés aux chapiteaux sculptés d’hommes et d’animaux, caractéristique de la transition vers la Renaissance. Les salles voûtées d’ogives, comme celle du trésor d’Albret, rappellent son passé médiéval. Malgré les destructions révolutionnaires, le site reste un témoignage clé de l’histoire navarraise et de l’influence des Albret en Gascogne.