Frise chronologique
1214
Construction initiale
Construction initiale
1214 (≈ 1214)
Château bâti par Henri II de Veringen.
1262
Siège et incendie
Siège et incendie
1262 (≈ 1262)
Walter de Hohengeroldseck assiégé après révolte strasbourgeoise.
1278
Reconstruction
Reconstruction
1278 (≈ 1278)
Restauration par Conrad de Lichtenberg.
1572-1589
Château Renaissance
Château Renaissance
1572-1589 (≈ 1581)
Construction par Frédéric de Blankenheim-Manderscheidt.
1675
Prise française
Prise française
1675 (≈ 1675)
Destruction partielle par Vaubrun.
1865
Transformation néo-Renaissance
Transformation néo-Renaissance
1865 (≈ 1865)
Rénovation par Eugène Dock pour Édouard de Turckheim.
2002
Inscription MH
Inscription MH
2002 (≈ 2002)
Protection des façades, toitures et vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Portails d'entrée sur rues, et murs d'enceinte du domaine ; vestiges du château médiéval : douves, tour ronde (au nord-ouest du château actuel) et tour carrée (à l'est du château actuel) ; château Renaissance et ses transformations et agrandissements du XIXe siècle : façades, y compris les enduits néo-Renaissance, toitures ; tourelle d'escalier en vis et cheminée des cuisines, en totalité ; dépendances au nord du château : façades et toitures ; puits néo-Renaissance dans la cour ; parc, cf plan annexé au dossier (cad. 3 11, 21/12) : inscription par arrêté du 23 décembre 2002
Personnages clés
| Henri II de Veringen - Évêque de Strasbourg |
Commanditaire du château en 1214. |
| Walter de Hohengeroldseck - Évêque de Strasbourg |
Assiégé en 1262 après révolte. |
| Frédéric de Blankenheim-Manderscheidt - Évêque de Strasbourg |
Bâtisseur du château Renaissance (1572-1589). |
| François Antoine Herrenberger - Bailli du cardinal de Rohan |
Propriétaire en 1718, restaurateur du château. |
| Édouard de Turckheim - Propriétaire au XIXe siècle |
Commanditaire des transformations néo-Renaissance. |
| Eugène Dock - Architecte |
Auteur des rénovations de 1865. |
Origine et histoire
Le vieux château de Dachstein, aussi appelé château des évêques de Strasbourg, fut initialement construit en 1214 par Henri II de Veringen, évêque de Strasbourg. Situé au cœur des possessions épiscopales du piémont vosgien, il servait à la fois de base militaire et de résidence aux évêques. Son emplacement stratégique en fit un lieu clé des conflits régionaux, notamment lors des révoltes strasbourgeoises ou des guerres religieuses.
En 1262, l'évêque Walter de Hohengeroldseck, chassé de Strasbourg par les bourgeois révoltés, y organisa sa contre-offensive avant d'y être assiégé et vaincu. Le château, incendié, fut reconstruit en 1278 par Conrad de Lichtenberg. Au fil des siècles, il subit plusieurs sièges (1421 par les Strasbourgeois, 1439 par les Armagnacs) et changea de mains, comme en 1410 lorsqu’il fut engagé aux Mullenheim-Brantgasse.
Entre 1574 et 1589, l’évêque Frédéric de Blankenheim-Manderscheidt entreprit d’importants travaux, érigeant un château Renaissance dans la basse-cour médiévale. Ce nouveau logis, marqué par une inscription de 1572 sur la tourelle d’escalier, devint la résidence épiscopale jusqu’en 1718. Le site fut cependant le théâtre de nombreux conflits : guerre des évêques (1592), attaques de la ligue protestante (1610), occupation suédoise (1633), et prise par les troupes françaises de Vaubrun en 1675, qui rasèrent l’ancien château médiéval.
Au XVIIIe siècle, le cardinal de Rohan-Soubise offrit le fief à son bailli François Antoine Herrenberger (1718), puis le domaine passa à Natalis de Régemorte en 1769. Après la Révolution, en 1803, le château épiscopal fut acquis par Adrien Brunck de Freundeck. En 1865, Édouard de Turckheim confia à l’architecte Eugène Dock une transformation néo-Renaissance majeure : agrandissement du logis, ajout d’une porte ornée d’armoiries (1869-1872), et embellissement du parc avec des éléments comme un puits signé Ruscher de Molsheim.
L’architecture actuelle mêle ainsi des vestiges médiévaux (tours rondes, douves) au château Renaissance et à ses ajouts du XIXe siècle. La tourelle d’escalier polygonale, datant de 1572, conserve une inscription originale, tandis que les façades néo-Renaissance, les lucarnes et les dépendances du XIXe siècle illustrent l’adaptation du site aux goûts romantiques. Le domaine, inscrit aux monuments historiques depuis 2002, comprend aussi un parc arboré et des éléments de fortification comme une tour-pigeonnier.
Le château incarne près de neuf siècles d’histoire alsacienne, depuis son rôle de forteresse épiscopale jusqu’à sa métamorphose en résidence aristocratique. Ses transformations reflètent les bouleversements politiques (conflits religieux, annexions françaises) et les évolutions architecturales, tout en préservant des traces tangibles de chaque époque, comme les armoiries des évêques Jean de Manderscheid ou Guillaume de Honstein.