Frise chronologique
1109
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1109 (≈ 1109)
Par Salomon, disciple de Robert d’Arbrissel.
XVIIe siècle (1616-1647)
Reconstruction et réforme
Reconstruction et réforme
XVIIe siècle (1616-1647) (≈ 1632)
Intervention de Louis XIII, logis des aumôniers bâti.
1792
Expulsion et incendie
Expulsion et incendie
1792 (≈ 1792)
Confiscation révolutionnaire, église brûlée par les chouans.
1827
Effondrement du clocher
Effondrement du clocher
1827 (≈ 1827)
Conséquence de l’abandon post-révolutionnaire.
1994
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1994 (≈ 1994)
Protection des vestiges et sols archéologiques.
2022
Acquisition par des designers
Acquisition par des designers
2022 (≈ 2022)
Projet de reconversion en « temple du design ».
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtis subsistants sur les parcelles AB 128 (murs de cloître et de salle capitulaire médiévaux) , 129 (grande salle en aile de cloître et greniers du XVIIe siècle) , 126 (logement de l'économe du XVIIe siècle) , 139 (logis et parloir de l'abbesse) , 364 (logis des aumôniers de 1647) , 136 (escalier et logis XVIe siècle) , 123 (grenier neuf de 1673) , 121, 123, 142 à 146, 274 (murs de l'enclos) ; sols d'assiette archéologique sur les parcelles AB 126 à 128 (cloître) , 124, 125 (ancienne église paroissiale et abbatiale) , 123 (partie de l'ancienne nécropole) , 121, 140 (bâtiments ruinés entourant le cloître) : inscription par arrêté du 28 décembre 1994
Personnages clés
| Salomon - Fondateur et ermite |
Disciple de Robert d’Arbrissel, initie l’abbaye en 1109. |
| Eremburge - Première abbesse |
Venue de Fontevraud, dirige le monastère dès sa fondation. |
| Louis XIII - Roi de France |
Rétablit l’ordre bénédictin en 1616. |
| Françoise Roy - Abbesse réformatrice |
Restaure la règle de saint Benoît (1616-1643). |
| Famille du Bellay - Mécènes influents |
Impose trois abbesses au XVIe siècle. |
| Maurizio Galante et Tal Lancman - Acquéreurs (2022) |
Designers projetant une reconversion culturelle. |
Origine et histoire
L’abbaye royale Notre-Dame de Nyoiseau, aussi appelée abbaye de Nyoiseau, fut fondée en 1109 par l’ermite Salomon, disciple de Robert d’Arbrissel (fondateur de Fontevraud). Installée sur les bords de l’Oudon grâce aux dons de Gautier de Nyoiseau, elle fut dirigée par des abbesses, souvent nobles, dont la première, Eremburge, venue de Fontevraud. Jusqu’en 1792, 38 abbesses se succédèrent, avec des protecteurs comme Foulques V d’Anjou et Charles Ier de Sicile. Les vestiges du cloître et de la salle capitulaire datent du XIIe siècle, tandis que les communs (logis de l’économe, cuisines, parloir de l’abbesse) furent reconstruits au XVIIe siècle.
Au XVIe et XVIIe siècles, l’abbaye fut marquée par l’influence de la famille du Bellay, qui imposa trois abbesses successives (Madeleine, Anne, Guyonne). En 1616, Louis XIII intervint pour rétablir la règle bénédictine en nommant Françoise Roy, abbesse de Nevers, qui ramena la discipline. À sa mort en 1643, l’abbaye comptait une cinquantaine de sœurs. Les bâtiments actuels, comme le logis des aumôniers (1647) ou la grange (1673), reflètent cette période de reconstruction, mêlant tuffeau et grès rouge.
La Révolution française sonna le glas de l’abbaye : confisquée en 1792, ses biens furent vendus et l’église abbatiale incendiée par les chouans. Abandonnée, elle servit de carrière de pierres, et son clocher s’effondra en 1827. Au XXe siècle, une partie des bâtiments (comme le pavillon de l’économe) fut restaurée pour abriter la mairie. Depuis les années 2000, une association locale œuvre pour sa sauvegarde, organisant des spectacles dans le cloître. En 2022, les designers Maurizio Galante et Tal Lancman l’acquirent pour en faire un « temple du design ». En 2023, elle fut sélectionnée pour le Loto du Patrimoine en Maine-et-Loire.
Les éléments protégés depuis 1994 incluent les murs du cloître médiéval, la salle capitulaire, les greniers du XVIIe siècle, et les sols archéologiques de l’ancienne église et nécropole. Le site, partiellement en ruines, témoigne de huit siècles d’histoire religieuse, politique et architecturale, des bénédictines aux enjeux contemporains de préservation.